Scandaleux ! Une loi pour des domestiques à peine pubères…

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Que réserve le pays à une bonne partie de ses adolescentes à peine âgées de 16 ans ? Le travail domestique, pardi ! Voilà où conduit l’adoption de la loi 19-12 que le gouvernement a choisi de « boucler vite fait ». Comme une maladie honteuse ! Les conseillers tenteront-ils de rattraper le coup ?
La majorité a choisi de foncer, toute honte bue, dans le processus d’adoption de la loi 19-12 fixant l’âge du travail pour les petites bonnes. Ne concédant rien au passage même si l’âge retenu a été fixé à 16 ans en lieu et place de 15 ans. Histoire de « faire gober la pilule » au très progressiste allié fidèle de la majorité, le PPS en l’occurrence. Mais que l’on ne s’y trompe pas ! C’est bel et bien le département de l’Emploi, chapeauté par « le camarade » Abdeslam Seddiki qui a planché sur ledit projet de loi. Projet qui a fait réagir le Conseil économique, social et environnemental (CESE), l’UNICEF ou encore le Collectif de défenses des droits (composé d’une cinquantaine d’associations), le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) en tête. L’âge décent, fixé à 18 ans, a été évacué par la majorité sans se soucier ni de l’esprit ni de la lettre de la Constitution, ni de la convention 182 de l’OIT. Et en vue d’éviter toute surprise lors du vote de ce projet au sein de la commission des secteurs sociaux, comme ce fut le cas à plusieurs reprises, la majorité s’est évertuée à tenir une réunion à huis-clos pour insister sur la discipline de vote. Ce qui n’a pas empêché quelques députés de la coalition gouvernementale de s’abstenir, voire de s’absenter pour ne pas cautionner ce « crime » perpétré à l’endroit d’une jeunesse qui a droit, d’abord, à une scolarisation en bonne et due forme.
Impopulaire, ce projet, qui traine depuis des années, a fait couler beaucoup de salive et autant d’encre. Dans un élan humaniste, A. Seddiki fait valoir les acquis d’une telle loi qui, assure-t-il sans ciller, protégerait les mineurs des abus en énonçant qu’il n’y aura « pas de travail de nuit », ni de « travaux éprouvants ». Et, cerise sur le gâteau, l’exigence d’ « une autorisation écrite des tuteurs »… Pourtant, Si Abdeslam n’ignore pas, comme ne doit pas l’occulter non plus le chef du gouvernement, que la population ciblée est engluée dans la misère et l’analphabétisme jusqu’aux oreilles !
L’association INSAF a rendu public un communiqué dans lequel des pédiatres et des pédopsychiatres s’insurgent contre le projet. « Nous avons trop souvent rencontré dans l’exercice de nos métiers des jeunes filles, des adolescentes, des jeunes femmes adultes même, brisées physiquement et/ou psychiquement par une vie de travail en tant que domestique, commencée trop tôt, jamais choisie, imposée pour diverses raisons », assurent-ils. Et d’ajouter qu’ « outre la maltraitance physique (…), et les abus sexuels fréquemment constatés, nous avons à prendre en charge des névroses traumatiques sévères, des dépressions résistantes, des épisodes psychotiques aigus, des conduites addictives, des tentatives de suicide à répétition, chez des jeunes filles ayant perdu l’estime d’elles-mêmes et surtout perdu confiance dans les adultes ».

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