Secret d’Etat en Allemagne : Intimidations médiatiques

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«On ne sait pas s’il faut en rire, ou avoir peur.» C’est en ces termes que Markus Beckedahl, rédacteur en chef du site allemand « Netzpolitik » s’est exclamé après avoir appris qu’il faisait l’objet, avec le rédacteur Andre Meister, d’une enquête du parquet fédéral. Netzpolitik a révélé, le 25 février dernier, l’existence d’un budget secret alloué en 2013 par l’Office fédéral de protection de la Constitution (Bundesamt für Verfassungsschutz ou BfV), le renseignement intérieur allemand, à la surveillance de vastes quantités de données numériques, et notamment à la construction de «graphes sociaux». Et récidiva le 15 avril en dévoilant en détail l’organisation d’une unité du BfV dédiée à «améliorer et étendre ses capacités de surveillance sur Internet», y compris par des «méthodes non conventionnelles de surveillance des télécommunications». Dans les deux cas, le site a publié, en plus des articles, les documents originaux sur lesquels ils s’appuient. L’enquête, suspendue, n’est pas classée pour autant. La justice attend désormais «la réception d’une expertise» qui doit déterminer si le site a publié des documents relevant du «secret d’Etat». Les «Net-activistes», journalistes qui ont cofondé en 2010 l’association de défense des libertés sur Internet « Digital Gesellschaft », la menace d’une accusation de «haute trahison». L’affaire est plus que sérieuse, la peine encourue pouvant aller d’un an de détention par article publié à 15 ans de réclusion – voire, dans les cas les plus graves, la prison à vie. On comprend dès lors pourquoi la solidarité des gens des médias s’est vite manifestée, cela sans parler des réactions de l’opposition politique dénonçant l’inquisition.

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