Semi conserve : Miser sur l’avenir

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Telle la sardine, le Maroc valorise l’anchois depuis près d’un siècle. Très abondants et irréguliers sur ses côtes, sa pêche comme sa valorisation ne sont point négligeables. Dans le secteur de semi conserve, outre la sardine, le poulpe et autres céphalopodes sont les produits de l’avenir.

Bien que réparti sur l’ensemble de la zone côtière, cette espèce, à certaines époques, est presque complètement absente de secteurs étendus se concentrant alors en des zones plus ou moins éloignées pendant des semaines, voir des mois. C’est ainsi que le secteur central de Safi-Essaouira et le secteur méridional d’Agadir à Ifni, sont parfois surpeuplés tandis qu’ailleurs les bancs sont rares. Les captures sont très variables d’année en année (Voir graphique). Quant à leurs valeurs, elles sont dictées davantage par l’abondance ou la rareté à l’échelle mondiale que par la demande des unités de mise en valeur marocaines. Dès lors le secteur est fort dépendant des prises et de ses propres incuries industrielles et humaines. On distingue deux catégories de produits avec des conditionnements adaptés : des marinades (produits finis ou intermédiaires), à priori en croissance, et des salés (produit finis ou intermédiaires). Dans ce secteur, la qualité des intrants est primordiale pour répondre aux exigences des clients. Si le sel est localement abondant,l’huile et le vinaigre sont souvent importés de même que les emballages.

Parce que la production ne nécessite pas d’investissement conséquent dans les équipements, c’est la compétence de la main d’œuvre qui prime. A ce propos, les unités de production bénéficient de cet atout capital à un coût qui les rend compétitifs. La main d’œuvre féminine abondante, spécialisées dans le filetage de l’anchois ou de la sardine est d’une qualification remarquable. En dépit de ses avantages, le secteur souffre de plusieurs carences dont il est plus ou moins la cause. Certes, le problème de l’approvisionnement est un handicap majeur surtout que la ressource locale est saisonnière et parfois peu compatible avec la valorisation. De même, l’importation est rendue prohibitive en raison de droits de douane élevés. Cette branche d’activité qui est peu capitalistique continue à utiliser des méthodes de production assez artisanales. Si leur compétitivité repose pour l’essentiel sur la compétence et la modicité du coût de la main d’œuvre, il est urgent de moderniser l’outil de travail souvent reposant sur des machines anciennes voir vétustes. Hormis les leaders, les entreprises sont souvent en position de sous-traitance (parfois avec un client exclusif !! ) avec peu de maîtrise de leur gamme. Par conséquent les marques propres sont rares. Ces handicaps fragilisent une bonne partie de la filière. Dès lors, l’investissement dans l’innovation s’impose. Dans un monde de plus en plus concurrentiel, la recherche et le développement méconnus jusqu’alors chez bon nombre de chefs d’entreprise s’imposent désormais à eux . L’objectif est de développer des produits à forte valeur ajoutée, des produits sous emballage final et ne point se contenter d’être des sous-traitants en situation de dépendance totale.

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