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Sénégal: L’inspiration marocaine

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Entre le Maroc et le Sénégal, les opportunités de coopération ne manquent pas. A commencer par le secteur des pêches où le Royaume dispose d’une expertise non négligeable. Oumar Gueye, ministre sénégalais de la Pêche et de l’économie maritime fait le point sur les possibilités offertes pour la dynamisation des rapports entre Rabat et Dakar.

PERTINENCES : QUELLES SONT VOS ATTENTES D’UNE RELANCE FRANCHE DE L’INVESTISSEMENT AFRICAIN DU MAROC ?

OUMAR GUEYE : Dans le cadre d’une relance franche des investissements africains du Maroc, les attentes du Sénégal peuvent concerner : l’accompagnement de partenaires locaux pour la modernisation des outils de production au niveau des différents segments de la chaîne de valeur dans la pêche (embarcations, équipements de pêche, de transformation des produits halieutiques, sites de débarquement et de transformation, etc.) l’ingénierie de la formation dans les différents métiers maritimes (renforcement des écoles nationales, nouveaux programmes pour les nouveaux métiers, …) la restauration des habitats marins dégradés (récifs artificiels notamment).

SUR LE PLAN TECHNIQUE, TABLEZ-VOUS SUR UN TRANSFERT DU SAVOIR-FAIRE MAROCAIN EN TERME DE GESTION DES PÊCHERIES ?

O.G : On parlerait plutôt de s’inspirer du modèle marocain pour la gestion des pêcheries, étant donné que les contextes sont différents dans les deux pays. Toutefois, les avancées du Maroc peuvent permettre de consolider les acquis du Sénégal. A cet effet, des échanges seraient nécessaires. En termes de partage d’expériences, le Maroc constitue un modèle de développement du secteur de la pêche basé sur sa nouvelle stratégie baptisée « Halieutis » dont l’objectif principal est de valoriser la richesse halieutique et de tripler le PIB d’ici 2020, par une série de projets structurants.

Y A-T-IL D’AUTRES VOLETS DE LA COOPÉRATION QUI MÉRITENT UNE COLLABORATION BILATÉRALE PLUS FORTE ?

O.G : Une coopération formelle en matière de pêche et d’aquaculture pourrait être discutée. Renforcement de la formation des techniciens, ainsi que des acteurs de la pêche, notamment dans les domaines de la qualité, de la transformation des produits de la pêche, de la sécurité en mer. Renforcement de la lutte contre la pêche INN. D’autres aspects ne sont pas non plus à négliger comme l’inspection et contrôle des navires pour la mise en œuvre des Recommandations de l’ICCAT, les enquêtes et procédures de poursuites judiciaires, les volets institutionnel et organisationnel, la coordination des opérations de surveillance entre les différentes structures intervenant dans l’Action de l’Etat en Mer (AEM), le programme des observateurs scientifiques…

LA VALORISATION DES PRODUITS DE LA PÊCHE VOUS INSPIRE T-ELLE DANS CE CADRE LÀ ?

O.G : Le Sénégal envisage de mettre en place un Centre d’Expérimentation et de Valorisation des Produits halieutiques. Dans ce cadre, l’expérience marocaine pourrait être mise à profit par les autorités sénégalaises. C’est d’ailleurs dans ce sens que le Chef de la Division Promotion et Valorisation de la DITP avait été dépêché au Centre de Valorisation et de Technologie des produits Halieutiques d’AGADIR, au mois de mai 2011, pour une mission d’une semaine. Dans le processus de mise en place de notre projet (Centre de Valorisation) une mission de cadres marocains pourrait être organisée en direction du Sénégal, pour nous apporter leur expertise. De même, dans le sens inverse, des cadres sénégalais pourraient faire le déplacement au Maroc.

ET EN MATIÈRE DE COOPÉRATION INTERNATIONALE ?

O.G : Oui bien sûr. D’ailleurs ; les premiers jalons sont déjà posés avec une recherche de position commune dans les rencontres internationales. Toutefois, des positions à définir à des échelles plus pertinentes, comme au niveau de la CSRP, de la COMHAFAT, permettrons de mieux structurer nos démarches lors des grandes réunions.

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