« Sepp » Blatter jette l’éponge : Succession ouverte à la FIFA

FIFA President Sepp Blatter leaves after a press conference at the headquarters of the world's football governing body in Zurich on June 2, 2015. Blatter resigned as president of FIFA as a mounting corruption scandal engulfed world football's governing body. The 79-year-old Swiss official, FIFA president for 17 years and only reelected days ago, said a special congress would be called to elect a successor. AFP PHOTO / VALERIANO DI DOMENICO
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Arrosé de faux billets verts, l’empêreur de la FIFA que les scandales ont fini par fragiliser a décidé de jeter l’éponge. Et promet une série de mesures susceptibles d’installer une « douteuse » gouvernance. En attendant que tout rentre dans l’ordre, les sucesseurs affutent leurs armes.

Coincé dans les cordes depuis que la justice américaine a décidé de se mêler des circuits de corruption qui ont secoué la FIFA, Joseph Blatter s’est fait une raison pour mettre un terme à son règne sans partage à la tête de l’instance internationale. Il programme son éclipse d’une présidence de près de dix-huit ans, le 26 février 2016, à l’occasion d’un « congrès électif extraordinaire». Le Valaisin de 79 ans a dévoilé la date du prochain scrutin, lors d’une conférence de presse organisée le 20 juillet, plusieurs semaines après l’intervention spectaculaire et musclée des agents du FBI du 2 juin. L’annonce de son abdication surprise, quatre jours après sa réélection pour un cinquième mandat, viserait à « défendre l’institution face aux pressions. Il y aura de nouvelles élections pour choisir un nouveau président. « Je ne peux pas être ce président car je suis un vieux président ». Mais il faut croire que le sort s’acharne sur cet Helvète qui croit que le chrono serait susceptible de « laver plus blanc » une instance pourrie jusqu’à la moelle. Car lors de cette conférence de presse, le comédien britannique Simon Brodkin s’est empressé de lancer à la face de Blatter une liasse de faux dollars tout en le remerciant pour l’attribution fictive de la Coupe du monde 2026 à la Corée du Nord. La symbolique est on ne saurait plus parlante… Après cet intermède, le septuagénaire « capo » du foot s’est déclaré résolu à « restaurer la réputation de la FIFA » avant de léguer son trône. « Sepp » Blatter a annoncé la mise en place d’une « task force indépendante », composée de onze membres et censée échafauder un programme de réformes : introduction de limites de mandats pour le président et les membres du comité exécutif, contrôle de leur « probité » et divulgation des « rémunérations individuelles ». Si, en principe, ces réformes doivent être entérinées le 26 février 2016 par les délégués des 209 fédérations nationales qui composent le congrès, il n’en reste pas moins que des voix se sont élevées pour « dénoncer » un processus qui ne saurat être empreint de crédibilité qu’en provenant de structures indépendantes. Les plus critiques voient en l’offensive de l’Helvète une manière comme une autre pour pérpétuer sa main mise sur la FIFA quand bien même il n’en serait pas. Rejoignant en cela les recommandations de nombre de sponsors de poids qui conditionnent leur générosité par un réel agiornamiento au sein d’une Fédération internationale qui traine derrière elle bien des casseroles. Mais d’autres responsables de la FIFA considèrent qu’un premier pas aura été franchi dans le bon sens.
En attendant que le chantier de la bonne gouvernance puisse s’installer dans les rouages de la FIFA, il faut croire que les appétits des uns et des autres se sont aiguisés face à une « succession ouverte » au forceps. Dans les rangs de l’Union des associations européennes de football (UEFA), la fébrilité est palpable. Et les regards sont braqués sur son président, Michel Platini, 60 ans, qui avait demandé à son ancien mentor et ami « Sepp » de démissionner avant sa réélection pour un cinquième mandat. L’ancien capitaine du Onze français, appuyé par Herbert Hainer, PDG d’Adidas, l’un des sponsors historiques de la FIFA, bénéficierait actuellement du soutien de quatre confédérations, dont celles d’Amérique du Sud et d’Amérique du Nord et des Caraïbes. Mais on craint de voir « Stepp » tout faire d’ici là pour empêcher la montée en puissance de M. Platini… S’il a entamé des pourparlers avec plusieurs dirigeants du foot mondial, dont le patron de la confédération asiatique, le Cheikh bahreïnien Al-Khalifa, le triple Ballon d’or a jusqu’au 26 octobre, soit quatre mois avant le scrutin, pour officialiser sa candidature. Jusqu’à présent, seuls le prince jordanien Ali Bin Al-Hussein, battu par Blatter le 29 mai, le président de la Fédération libérienne Musa Hassan Bility et l’ex-légende brésilienne Zico se sont lancés dans la course.
La succession est donc ouverte. Reste à savoir si d’ici là le concert des scandales qui a entaché la réputation de la FIFA, et lourdement, n’accouche pas d’autres surprises.

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