Sévère rapport d’Amnesty international: La haine décriée

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C’est à Paris qu’Amnesty International a choisi de jeter le pavé dans la mare. En rendant public, mercredi 22 février, un document qui met à nu les multiples atteintes aux droits humains perpétrées par des gouvernements et des groupes armés. Les conflits et la répression qui sévissaient dans plusieurs régions du monde ont cette année encore poussé un très grand nombre de personnes à fuir.A nouveau, le monde est confronté à une longue liste de crises, sans que l’on constate une réelle volonté politique pour leur dépassement. Des crimes de guerre ont été perpétrés dans au moins 23 pays en 2016. Trente-six ont « violé le droit international en renvoyant illégalement des réfugiés dans des pays où leurs droits étaient menacés », précise l’ONG.Sur 504 pages, le rapport détaille l’impact dévastateur des discours de rejet et de peur prononcés par les hommes politiques qui, au nom du repli identitaire, nourrissent la rhétorique cynique du « nous contre eux ». Pour Salil Shetty, secrétaire général de l’ONG, « les notions de dignité humaine et d’égalité, l’idée même de famille humaine ont été attaquées de façon violente et incessante dans des discours remplis d’accusations instillant la peur et désignant des boucs émissaires, propagés par ceux qui cherchaient à prendre le pouvoir ou à le conserver à tout prix. »Le rapport indique que de très nombreux responsables politiques ont répondu aux préoccupations liées à l’instabilité économique ou à la sécurité en jetant leur dévolu sur les minorités, les migrants ou les réfugiés. Les discours « clivants » d’un Donald Trump aux Etats-Unis, un Viktor Orban en Hongrie, un Recep Tayyip Erdogan en Turquie ou d’un Rodrigo Duterte aux Philippines s’acharnant sur des groupes entiers de population, les désignant comme boucs émissaires, propagent, d’après les auteurs, l’idée selon laquelle certaines personnes sont moins «humaines» que d’autres.« Les discours déshumanisants, ajoute John Dalhuisen, directeur d’Amnesty International pour l’Europe, c’est quand le premier ministre hongrois qualifie les migrants de “poison”, c’est quand

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Geert Wilders parle de la “racaille marocaine”, c’est quand le premier ministre néerlandais [Mark Rutte] écrit une lettre ouverte invitant les migrants à se comporter “normalement” ou de rentrer chez eux. » Loin d’être le propre de chefs de file de partis d’extrême droite, rappelle le responsable, ces paroles stigmatisantes ont été adoptées « parfois de façon voilée, parfois de façon plus ouverte » par « des partis dits centristes ».La France n’échappe aux flèches décochées par Amnesty International qui dénonce la restriction des droits fondamentaux dans le cadre des mesures prises pour lutter contre le terrorisme. En particulier l’état d’urgence, décidé après les attentats jihadistes du 13 novembre 2015 et prolongé depuis. Selon son recensement, de fin 2015 à fin 2016, « seules 0,3 % des mesures liées à l’état d’urgence ont débouché sur une enquête judiciaire pour faits de terrorisme ».En revanche, « ces assignations à résidence ont entraîné des pertes d’emploi ou la marginalisation de ces personnes », déplore Camille Blanc, présidente d’Amnesty international France. L’ONG considère par ailleurs qu’en matière d’accueil des réfugiés, « la France n’a pas pris ses responsabilités au niveau international » et ne protège pas suffisamment les réfugiés et migrants présents sur son sol.

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