Shimon Peres mort et enterré : Comme l’accord d’Oslo ?

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Shimon Peres, un des derniers pères fondateurs d’Israël et prix Nobel de la paix s’est éteint mercredi à l’âge de 93 ans. Tantôt colombe tantôt faucon, son parcours ne saurait l’exempter des lourdes responsabilités qu’il assuma dans l’errance du Peuple palestinien spolié de ses terres en 1948 pour voir pousser les germes d’une entité sioniste qui allait prendre de l’envergure au fil des ans. La culpabilité occidentale quant à la Shoah servant de carburant à l’émergence, au forceps, d’une nation ex-nihilo. Dès les années 50, en poste au ministère de la Défense, Shimon Peres participe à l’approvisionnement d’Israël en armes modernes, notamment par la France avec laquelle il joue les intermédiaires privilégiés. Shimon Peres, directeur général du ministère de la Défense, prend part, aux côtés du Premier ministre Ben Gourion et de Moshe Dayan, le chef d’état-major de l’armée, à la préparation de l’expédition de Suez qui tourna au fiasco.
Après tout, le père de la bombe nucléaire israélienne est bien lui. Comme il compte parmi les acteurs principaux qui ont doté l’entité israélienne de son industrie militaire de pointe. Souvenons-nous que dans les années 1970, ce « faucon » travailliste, alors ministre de la Défense, cautionnait les premières colonies juives en Cisjordanie occupée. « Les colonies, explique-t-il, sont les racines et les yeux d’Israël ». Il est alors hostile à tout compromis territorial et à l’idée de voir émerger un Etat palestinien, rappelle Yossi Beilin, négociateur des accords d’Oslo.
En 1979, il s’est opposé aux travaillistes qui dénoncèrent le traité de paix israélo-égyptien qui implique un retrait des colons du Sinaï. Mais c’est l’accord d' »Oslo » conclu avec l’Organisation de libération de la Palestine, en 1993, qui allait donner une autre envergure à cet israélien dont les mains ont été maculées de sang palestinien. Un retournement de situation où une mue de l’homme ? « Ce n’est pas moi qui ai changé. Je crois que la situation a changé. Tant que l’existence d’Israël était menacée, j’étais ce que vous appelleriez un faucon (…) Dès que j’ai senti que les Arabes étaient ouverts à la négociation, j’ai dit que c’était ce que nous préférions aussi », confiait-il aux journalistes. L’accord lui vaut le prix Nobel de la Paix, partagé avec le Premier ministre Yitzhak Rabin et le dirigeant palestinien Yasser Arafat.
« Il n’y a pas d’alternative à la paix. Faire la guerre n’a pas de sens », continue-t-il de dire en 2013. Le processus de paix a un « objectif clair »: avoir « un Etat juif appelé Israël et un Etat arabe appelé Palestine qui ne se combattraient pas mais vivraient ensemble dans l’amitié et la coopération ». Mais depuis, la paix n’a pas dépassé le stade du discours et des promesses non tenues. Le Président de l’entité sioniste n’aura donc pas réussi à transformer l’essai d’Oslo. Désormais caduc, comme le prouve la « habba » en vogue en Palestine. Une intifada d’un autre genre…

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