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Sommet africain sur le climat : L’agenda de Marrakech…

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Muraille verte, sauvetage des bassins du Congo et du Tchad, énergies renouvelables… Les leaders africains savent pertinemment que qu’une action concertée pourrait conduire à l’unification des efforts pour en découdre avec les déséquilibres écologiques qui entravent, in fine, le développement du Continent. S’ils avaient souscrits hier aux Objectifs de développement du millénaire (ODM), ils doivent militer avec plus d’ardeur pour que les Objectifs du développement durable (ODD) soient atteints. Le sommet de Marrakech est sans aucun doute une étape charnière sur cette voie. En réunissant en terre marocaine une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement au Palais des Congrès de la ville ocre, le Roi Mohammed VI a voulu donner la preuve que le continent peut et doit s’exprimer « d’une seule voix », en se mettant d’accord sur les solutions susceptibles de mettre à l’abri des changements climatiques un Continent qui brûle. Rien de plus normal à ce que des priorités soient définies à cette occasion. Le plaidoyer marocain a été des plus clairs à ce sujet. « Au-delà de l’enveloppe prévue à partir de 2020, par l’accord de Paris, la présidence marocaine de la COP s’intéresse à la mobilisation des financements publics, à la diversification des montages financiers, et à la facilitation de l’accès aux fonds consacrés au climat », a souligné le Souverain. L’Afrique se mobilise, donc, et n’entend pas lâcher prise puisqu’il y va de la survie du Continent. Pour nombre de chefs d’Etat, l’affaire est entendue. « Les projets prioritaires sont d’ores et déjà identifiés. Nous allons les soumettre au sommet de l’Union africaine (UA) en janvier, pour entériner leur financement », note Alpha Condé, président de la Guinée et coordinateur de l’initiative pour les énergies renouvelables. Macky Sall, président du Sénégal, n’a pas occulté les desiderata des pays africains. « Ce que nous attendons de nos partenaires, c’est de nous soutenir sur les projets d’énergies renouvelables pour rendre plus compétitif les coûts de production de cette source », soutient-il. L’affaire est grave pour un Continent où près de 600 millions d’individus n’ont pas encore accès à l’énergie électrique et ses bienfaits. Mais ce chantier ne doit pas occulter d’autres, aussi fondamentaux, que la lutte contre la désertification et la déforestation. D’où l’identification du projet phare baptisé la grande muraille verte contre l’avancée du désert devant s’étendre sur 7600 km, liant le Sénégal à Djibouti. Ou encore le bassin du Congo, deuxième poumon de la planète après l’Amazonie, dont la dégradation des 220 millions d’hectares de forêts affecte, entre autres, les onze pays de la zone. D’où l’initiative du fonds bleu cher au président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguessou. Projets hydro-électriques, traitement des eaux, irrigation des terres cultivables…sont prévus par ce fonds appelé à être « une préoccupation commune » pour tous les Africains. « Car pour sauver le lac du Tchad, il faudra d’abord stabiliser les eaux du bassin du Congo », rappelle Sassou Nguessou.
La situation est loin d’être confortable. « Nous sommes le troisième pays le plus vulnérable aux changements climatiques après le Bangladesh et la Guinée Bissau », lance le président de Sierra Leone, Ernest Bai Koroma, pour qui toute initiative africaine en faveur du climat doit être encouragée. Quant à Paul Kagamé, Président du Rwanda, il note, non sans raison, que l’accroissement de la résilience du continent doit passer par de nouveaux modèles économiques. Ce qui n’empêche pas de parer au plus urgent, comme rappelé par la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, qui demande des actions rapides pour aider les pays en développement à élaborer et à mettre en œuvre des plans nationaux d’adaptation.
Mahamadou Issoufou, président du Niger, a tiré la sonnette d’alarme sur le bassin du Tchad, cette plaie climatique africaine qui concentre, à elle seule, toutes les menaces qui pèsent sur le continent (migration, réduction des eaux, Boko Haram…). Représentant 8% de la superficie de l’Afrique, le lac est réparti entre 8 pays africains, dont la plupart sont les plus pauvres du monde, et abrite 375 millions d’habitants. « Il faut mettre en place des plans de développement et d’adaptation pour ce lac afin d’éviter une catastrophe écologique et humanitaire », prévient Issoufou.
La France, un des bailleurs de fonds qui a pris part au sommet africain, s’est engagée à réaliser ses promesses de financement. Le président François Hollande a lancé : « Nous serons exemplaires à ce niveau ». Paris compte mettre la main à la poche dès 2020 en mobilisant quelque 5 milliards d’euros par an. De quoi rassurer… Si on considère aussi que le secrétaire d’État américain, John Kerry, avait annoncé qu’il ne pouvait pas y avoir de retour en arrière sur les engagements de son pays. « La majorité écrasante des Américains reconnaissent le changement climatique et souhaitent que leur pays honore les engagements pris à Paris », a-t-il soutenu, éludant ainsi les craintes nées suite à l’élection de Donald Trump.
Les chefs d’État ont adopté une déclaration commune fixant leurs priorités climatiques et ont invité Mohammed VI et le président en exercice de l’Union africaine (UA), Idriss Déby Itno, à l’exécuter.
Trois commissions seront créées à cet effet : une pour la région du Sahel, présidée par le Niger, une deuxième pour la région du bassin du Congo, présidée par le Congo-Brazzaville et une troisième pour les États insulaires, sous la houlette des Seychelles.
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