Sommet du CCG de Manama : Les attentes du Maroc seront-elles prises en compte ?

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C’est à Manama, au Bahreïn, que s’ouvrira demain mardi le 37e sommet des pays du Golfe. Une réunion d’importance au regard de la multiplicité des dossiers chauds qui touchent, à des degrés divers, les monarchies de cette région névralgique. Baisse des recettes pétrolières qui malmènent les économies, guerre ouverte au Yémen et le difficile processus de paix y afférant, gestion politico-diplomatique des dossiers syrien et irakien, avancée inexorables de l’Iran avec l’annonce du « verrouillage » du détroit d’Ormuz, défis charriés par la nouvelle administration US que le Président D. Trump est entrain de composer,… Les sujets ne manquent pas pour meubler un sommet dont les travaux s’étaleront sur deux jours.
La diplomatie marocaine est appelée à suivre de très près les travaux de cette réunion au sommet des pays du CCG, groupement régional avec lequel le Royaume est lié par un partenariat stratégique. D’autant plus que la veille de la rencontre de Manama, le Conseil de coopération des pays du Golfe arabe (CCG) a souligné « l’importance de son partenariat stratégique avec le royaume du Maroc, réitérant sa détermination à renforcer ce partenariat et à le développer pour servir l’intérêt bien compris des deux parties, réaliser les ambitions et aspirations des peuples de la région et renforcer les liens d’amitié et de communication les unissant ». Comme il a noté que « le partenariat entre les pays de cette instance et le royaume du Maroc s’est consolidé l’année dernière, en application du plan d’action conjoint adopté lors des réunions des ministres des Affaires étrangères des pays du CCG et du royaume du Maroc. » Le rapport a mentionné à cet égard les recommandations issues de la commission mixte regroupant le CCG et le Maroc, lors de sa réunion préparatoire en mars 2016 à Riyad, consacrée au suivi de l’action commune et à l’échange de vues sur les questions régionales et internationales. Dans ce sens, le rapport a passé en revue les réunions tenues par les groupes de travail conjoints des pays du CCG et le Maroc, lors de l’année en cours, portant sur plusieurs secteurs à l’instar du tourisme, du transport, de la culture et de l’information. Fort bien. Mais il a éludé une question qui fâche et qui a trait, tout particulièrement, à l’attitude prise par le Koweït à l’occasion du dernier sommet arabo-africain qui s’est déroulé à Malabo. Lorsque la présence de la RASD n’a en rien offusqué un chef de la diplomatie koweitienne, qui plus est blanchi sous le harnais, qui en témoignant d’une bienveillance à l’endroit d’une fantomatique entité aura attiré l’ire des Marocains qui ont décidé de claquer la porte à ce sommet en compagnie de la majorité des pays du CCG et d’autres pays amis. Et les regrets exprimés à cette occasion par Rabat à l’endroit du Koweït ne doivent laisser planer aucun doute sur les réels sentiments des Marocains qui placent la cause saharienne en tête des priorités. L’affaire ne doit nullement être minorée et passer comme une lettre à la poste. Elle mérite, sans aucun doute, une remise à plat des termes d’un partenariat stratégique… Car s’il y a quelque chose de stratégique dans la démarche marocaine, c’est bel et bien le règlement définitif d’un conflit factice qui empoisonne les relations entre les peuples arabes qui aspirent à vivre dans la concorde. Et à pouvoir prospérer sur les divers plans, loin des crispations qui bien souvent empoisonnent une atmosphère qui a cruellement besoin de sérénité par les temps qui courent.
Les pays frères du CCG suivent, sans aucun doute, les efforts entrepris par le Maroc auprès des pays africains avec lesquels il aspire à bâtir des relations de coopération exemplaires. Des projets pharaoniques qui peuvent assurer aux fonds souverains détenus par les monarchies du Golfe un redéploiement aussi stratégique que porteur. Ni l’aménagement de la baie de Madagascar, sur 700 km, le gazoduc liant le Maroc au Nigeria peuvent être considérés, entre autres projets, comme autant de vecteurs pour l’accompagnement du Royaume dans la stratégie ainsi définie pour un meilleur investissement arabe en Afrique.

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