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Sommet mondial de l’entrepreneuriat : L’Afrique si convoitée…

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L’Union africaine s’apprête à accueillir fin juillet, dans son siège offert par la Chine, Barack Obama. Le périple africain du Président US intervient dans la foulée d’une course économique entre les grandes puissances sur le continent noir dont le potentiel de développement est encore bridé. Bien qu’il a pu s’imposer en tant qu’acteur incontournable lors du sommet Afrique-Etats-unis (2014) en abritant, à Marrakech, le « Global Entrepreneurship Summit (GES) 2014 », le Maroc risque de perdre ses points d’avance. Absence de l’UA oblige.

L’union africaine se prépare à accueillir, fin juillet, un visiteur exceptionnel qui n’est autre que le président américain Barack Obama. Son safari en Afrique comporte également sa participation au sommet mondial de l’entrepreneuriat prévu au Kenya. La participation de l’hôte de la Maison Blanche à cet évènement international de haute facture s’inscrit dans la continuité du sommet Afrique-Etats-Unis auquel plus de 40 pays africains avaient pris part à Washington en août 2014, indique un communiqué de la présidence US. L’intérêt prononcé par la première puissance pour cet événement d’envergure, qui se tient pour la deuxième fois sur une terre africaine, après l’édition 2014 organisée novembre dernier au Maroc, montre à quel point le Continent Noir est devenu au centre d’une concurrence acharnée entre les grandes puissances économiques. Quels sont donc les aspects de cette guerre qui ne dit pas son nom ? Quels pourraient être ses impacts sur le Maroc ? Celui-ci, bien qu’il ait pu s’imposer en tant qu’acteur incontournable lors des sommets de Washington et de Marrakech, risque de perdre des points d’avance à cause de la politique de la chaise vide observée, depuis quelques décades, de l’organisation panafricaine pour la constitution de laquelle il avait pourtant milité à l’aube des indépendances. Ceci est d’autant plus problématique qu’il a tenté ces derniers temps de se jouer des écueils susceptibles de contrarier son ambition de s’imposer en tant que hub de l’intégration financière africaine, voire de remplir les fonctions d’une véritable passerelle d’investissement vers l’Afrique. Rabat étant convaincu de la pertinence du choix d’une coopération Sud-Sud à raffermir davantage tout en garantissant une ouverture sur le monde sur la base de nouveaux paradigmes de co-développement et de co-prospérité.

ENGOUEMENT FORT
Avec un taux de croissance régulier de 6% durant la dernière décennie, le continent dont le PIB est supérieur à 2000 milliards de dollars, même avec un potentiel de développement non encore libéré, suscite l’engouement de nombreux acteurs. Les puissances, grandes et moyennes, salivent à l’idée de faire des affaires dans un Continent où tout est encore à faire, ou presque. Rien d’étonnant dès lors que de voir s’aligner, sur le marché africain considéré comme « la dernière des frontières » du développement du business, divers protagonistes qui vont des « ex-colons» européens à des pays comme l’Inde, la Turquie ou le Brésil… Mais il est vrai que dans cette course, les deux puissances qui font le plus parler d’elles sont la Chine et son rival économique l’Amérique. C’est dans ce contexte qu’intervient le prochain périple d’Obama en Afrique. Après la montée en puissance chinoise sur le continent, symbolisée par le complexe ultramoderne aux 20 étages construit par l’Empire du Milieu pour abriter le siège de l’U.A, les Américains sont devenus plus que jamais convaincus qu’ils doivent agir pour couper l’herbe sous les pieds de leurs concurrents. Ceci est d’autant plus vrai pour la Chine qui ambitionne de doubler le montant de ses échanges commerciaux avec l’Afrique d’ici à 2020, pour les porter à 400 milliards de dollars et les investissements directs à 100 milliards de dollars. C’est ce qui explique l’intérêt soudain du pays de l’Oncle Sam pour l’Afrique « jamais considérée comme une priorité de la politique étrangère américaine depuis la fin de la guerre froide », selon l’économiste Rachid Achachi. Pour le chercheur à l’Université Ibn-Tofail de Kenitra, « sur le plan purement économique, l’Afrique n’a jamais présenté un intérêt pour les Américains », mais présente plutôt « un intérêt stratégique » (Lire entretien ci-après). La preuve, selon ce dernier, le volume des IDE US destinés à l’Afrique reste dérisoire.
Avec son avancée hors pair, l’Empire du Milieu n’inquiète pas que les Américains, mais aussi leurs alliés européens. Devenu depuis quelques mois la première puissance mondiale (16,5% de l’économie mondiale en termes de pouvoir d’achat réel, devant les 16,3% des Etats-Unis, selon le FMI), le géant asiatique, qui cherche à ressusciter la route de la soie et qui a mis en place la nouvelle banque asiatique d’investissement et d’infrastructures, ne part pas seul à la conquête de l’Afrique. En d’autres termes, il ne cherche pas à s’accaparer le plus gros morceau du gâteau plutôt que s’appuyer sur un partenariat très fort et pérenne qui rassure avant tout ses partenaires que ce soit les BRICS ou les pays africains. Pour ces derniers, Pékin a pu, grâce à des actions concrètes, notamment à travers son cadeau aux Africains (siège de l’UA), montrer qu’elle n’est pas venue en Afrique rien que pour exploiter ses richesses, mais également pour l’aider dans son processus de développement par la construction d’infrastructures et l’établissement de relations bilatérales équitables. Que ce soit vrai ou non, c’est l’image qu’elle se force de promouvoir.
S’agissant de son mode d’emploi avec ses alliés, Pékin n’agit pas en tant que première puissance qui doit s’accaparer la part du lion. Mais veille aussi sur les intérêts de ses partenaires. Ainsi, les BRICS tirent leur force de leur vision commune pour le développement des relations avec le continent. Dans ce sens, ils projettent ensemble de hisser, à court terme, leurs échanges qui ont cru plus rapidement que ceux de l’Afrique avec toutes les autres régions du monde, à 500 milliards de dollars en 2015. Dans cette démarche ils s’appuient sur une image qu’ils ont pu dessiner comme étant une « force salvatrice » de l’impérialisme colonial que la décolonisation n’a pas pu enrayer. En témoigne, les propos tenus par les activistes africanistes. C’est le cas, notamment, du Camerounais Thierry Mbepgue qui préside le Mouvement africain pour la libération du continent (MALCON). Pour ce dernier, « la présence des nations BRICS est une présence salvatrice » qui « libère peu à peu l’Afrique ». Contrairement aux imprécations des afro-pessimistes quant à un avenir noir pour l’Afrique comme l’intellectuel français, Jacques Attali (Une brève histoire de l’avenir 2006), beaucoup d’intellectuels africains voient qu’une « autre Afrique est possible» avec les BRICS ou toutes autres forces à condition que cela entre dans une politique basée sur le respect des pays africains en tant qu’Etats indépendants et souverains. Force est de rappeler que l’attrait africain n’a pas laissé de marbre les pays du Conseil de Coopération du Golfe (GCC). Leur commerce avec l’Afrique a bondi de 270% entre 2000 et 2009. Les pays du CCG cherchent à diversifier leurs économies, mais surtout à garantir leur sécurité alimentaire. Dans leur viseur, les 30% des ressources naturelles et 60% des terres arables mondiales disponibles sur le continent noir.

LE MAROC, RETOUR AUX ORIGINES
Ayant bien assimilé les leçons de l’histoire, le Maroc africanise de plus en plus son économie en adoptant une démarche basée sur des partenariats gagnant-gagnant. Ces liens qui se consolident ont permis aux Marocains, en compagnie de leurs partenaires Africains, de réaliser d’énormes avancées. Ainsi, le Royaume est devenu le deuxième investisseur interne du continent après l’Afrique du Sud. Quoique absent de l’Union africaine, le Maroc, qui siège au cinquième rang des puissances économiques continentales, est devenu ces dernières années le premier investisseur africain dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et dans la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Et ce, malgré que le volume des échanges commerciaux avec les pays d’Afrique subsaharienne encore très faible. En effet, quoiqu’ils aient augmenté de 20% ces dernières années, les échanges avec les pays africains ne représentent que 7% des exportations et moins de 3% du commerce extérieur du pays. Pourtant, le Maroc semble déterminé à percer vers le sud quel que soit le prix. Pour ce faire, Rabat a adopté une stratégie qui tourne autour de deux axes. D’un coté, et pour ne pas déranger les grandes puissances et éviter un affrontement avec elles, il cherche à promouvoir la coopération tripartite par le biais d’un renforcement des liens bilatéraux avec l’Afrique en lien avec l’Europe, les USA, la Chine ou encore la Russie. D’un autre coté, en renforçant une coopération sud-sud profitable à toutes les parties. Rien d’étonnant de la part d’une force tranquille fort inspirée de son passé d’empire chérifien.

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