Sommet Trump-Merkel: Briser la glace…

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Seule la force de la nature a contrarié la rencontre au sommet devant réunir la chancelière allemande au nouveau Président US. En effet, la rencontre qui vise à briser la glace entre les deux pays a été reportée à vendredi à cause d’une tempête de neige annoncée sur le nord-est de l’Empire. Il faudra attendre vendredi pour que les deux dirigeants puissent se rencontrer. Certes, les deux leaders ont déjà discuté à deux reprises au téléphone depuis l’élection de l’homme d’affaires, mais ils n’ont pas encore sacrifié au rituel shake hands.
L’affaire n’est pas si anodine et explique amplement l’intérêt que les médias allemands accordent à ce déplacement américain. En effet, il y a lieu de rappeler que le Président Trump avait jugé, dans l’entretien accordé au quotidien allemand Bild, de décocher quelques flèches à Angela Merkel à laquelle il reproche une « erreur catastrophique » lorsqu’elle ouvrit les frontières de son pats aux demandeurs d’asile en 2015. Jugeant l’OTAN « obsolète », il avait aussi indiqué que l’Union européenne était « en gros, un instrument pour l’Allemagne » utilisé pour exporter plus.
Plus, Peter Navarro, conseiller « commerce » de D. Trump, a expliqué au Financial Times que la République fédérale tirait bénéfice d’un euro « largement sous-évalué » pour « exploiter » ses partenaires américain et européens.
Pour donner le change, A. Merkel a demandé aux patrons de BMW et de Siemens de l’accompagner à Washington pour expliquer à Trump en quoi leurs groupes sont bénéfiques à l’économie américaine. L’an dernier, le déficit commercial des États-Unis vis-à-vis de l’Allemagne a atteint 50 milliards d’euros. Pour combler ce trou béant, le ministre du Commerce américain, Wilbur Ross, a affirmé dans un entretien à Bloomberg TV qu’il était déterminé à mobiliser ses «troupes» afin d’accentuer « la guerre commerciale ». Son gouvernement souhaiterait notamment renégocier les accords commerciaux signés avec ses partenaires et instaurer de possibles barrières tarifaires ou douanières sur certains produits.
Angela Merkel aimerait que la Commission européenne prenne les devants sur ce dossier.
Mais, si Bruxelles ne parvient pas à gagner son bras de fer contre l’Oncle Sam, la chancelière a déjà demandé à ses experts d’imaginer des mesures qui pourraient faire fléchir son partenaire américain. Les groupes allemands, qui devraient payer une taxe d’importation aux États-Unis, pourraient notamment déduire ces coûts des impôts qu’ils devront débourser en République fédérale. Une plainte pourrait aussi être déposée devant l’Organisation mondiale du commerce. C’est dans un climat instable que la rencontre Trump-Merkel devrait se tenir. La rencontre, bien diplomatique, débouchera-t-elle sur un bras de fer entre les deux pays ?

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