Sport et pouvoirs publics: A-t-on besoin d’un ministère?

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S’ingénier à conserver le précédent intitulé ou à modifier le département gouvernemental chargé du sport, dans le casting du nouveau gouvernement en gestation après la reconduction d’Abdelillah Benkirane, c’est vouloir changer le changement. Ce n’est pas là où réside la contradiction principale . Le secteur du sport a-t-il besoin d’un ministère pour booster son développement?
Depuis le Premier gouvernement de M’barek Bekkay en décembre 1955, le Maroc a toujours mis en place un ministère dédié au sport, sous divers intitulés, en passant par un Haut Commissariat au Sport et à l’Éducation Civique en 1965. Sauf entre 2002 et 2007 où le secteur du sport avait été dilué d’une manière bâtarde dans la Primature.
Aujourd’hui, la question reste toujours d’actualité après avoir repris le ministère de la Jeunesse et des Sports de 2007 jusqu’à aujourd’hui. Un ministère devenu obsolète non à cause des dysfonctionnements qui le minent mais du fait de son rôle galvaudé pour développer le sport en accompagnant le mouvement sportif afin de promouvoir le terrain. Administration de mission, héritée de la Vème République du Général De Gaulle, le ministère de la Jeunesse et des Sports s’est métamorphosé en une impuissance publique voire en cobaye de politicards. Ce qui est d’autant plus grave, c’est qu’il s’agit d’un relais de l’Etat qui fonctionne sans politique sportive de l’Etat. Pis encore et en vertu de l’article 92 de la Constitution, le Conseil de gouvernement sortant n’a jamais consacré le moindre mot au sport lors de ses délibérations ( 219 réunions du Conseil du Gouvernement ) pour l’intégrer dans la politique générale de l’Etat et le soumettre in fine au Conseil des ministres, présidé par le Roi, ni pour décliner sa stratégie transversale en tant que secteur à part entière et/ou entièrement à part.
Avec ou sans la partition de la Jeunesse et du sport, le sport a d’abord besoin de la stratégie de l’Etat afin de l’ancrer dans les politiques publiques locales, régionales et nationales. Car les mesurettes prises par des maroquins qui s’y sont succédé en ont donné du fil à retordre face à un mouvement sportif impuissant et désemparé.

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