Sports automobiles : Hold-up du MJS

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La Fédération Royale Marocaine du Sport Automobiles est tombée sous le couperet d’un Comité Provisoire, désigné par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Derrière ce Comité Provisoire se cachent les intérêts de l’ex-ministre, Mohammed Ouzzine, et sa bande de fonctionnaires.

Controversé par l’écrasante majorité des représentants des clubs et des membres du Bureau Fédéral, le Comité Provisoire, composé des fonctionnaires du ministère de la Jeunesse et des Sports et présidé par la même personne qui était à la tête des comités provisoires des fédérations sportives du volley-ball et du basket-ball, n’est pas parvenu à persuader les clubs pour y adhérer.

RETROSPECTIVE LACONIQUE
Il faut remonter à 2012 lorsque la FRMSR a été minée par des tiraillements entre la majorité des membres du bureau fédéral et son président qui avait été démis de ses fonctions après avoir gelé le compte bancaire de la fédé. Et il est encore gelé car l’apurement des comptes n’a pas été fait. Le 30 novembre 2013, un nouveau bureau fédéral avait été élu lors d’une assemblée générale extraordinaire. Une AGE qui n’a pas été validée par le MJS mais qui a été appréciée par la FIA. Ce qui a contraint le MJS à débloquer 2,4 MDH pour inscrire le MGP (Marrakech Grand Prix) dans le circuit du WTTC, Championnat du monde des sports automobiles du Tourisme. Sur la base d’une convention entre la FRMSA et le MJS. (NDLR : Notre magazine PERSPECTIVES MED en a copie des éditions 2014 et 2015 en plus d’autres documents).
Alors qu’on s’apprêtait à l’organisation du MGP, organisé en avril dernier, les membres du bureau fédéral ont découvert que le président de la FRMSA est dans une situation flagrante de conflit d’intérêts. Ce président, un certain Nekmouch, est allé même jusqu’à empiéter sur les prérogatives du Secrétaire Général en s’appropriant un nouveau code auprès de la FIA pour y inscrire le MGP, portant le nom du Prince héritier, My El Hassan. Et c’est ce qui va pousser plus des deux tiers des membres du bureau fédéral à tenir une réunion extraordinaire le 25 mars écoulé. Une réunion qui a débouché sur la destitution du président de la FRMSA, notifiée le lendemain au ministère de la Jeunesse et des Sports. Une bonne opportunité pour le MJS qui a mis en place, le 2 avril, un Comité Provisoire arguant de considérants farfelus et abscons.

LA GOUTTE QUI A FAIT DEBORDER LE VASE
En fait ce marasme qui ronge la FRMSA n’est pas imputable à la prétendue refonte des statuts ni même aux intérêts personnels, prétendus par l’arrêté de l’actuel ministre de la Jeunesse et des Sports par intérim. Ce sont des enjeux financiers qui attisent les convoitises de ceux qui veillent à l’organisation du MGP. Ce sont deux structures : l’une sociétaire, dénommée MGP dont la forme juridique est une SA (Société Anonyme) ; et l’autre est une association à but non lucratif qui n’a jamais rendu les comptes et à laquelle on affecte, pourtant, 27 MDH. Une association présidée par l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohammed Ouzzine, en plus de son inamovible secrétaire général et de l’un de ses conseillers qui détiennent les rênes de cette association, dite association de gestion du circuit international My El Hassan dont le siège est sis Complexe Mohammed V à Casablanca.
Après avoir squatté le COL du mondial des clubs de football en 2013, voilà l’ex-ministre M. Ouzzine et son Secrétaire Général qui se trouvent à la tête d’une association dont les comptes sont bien ‘’moussés’’ sur fond d’une convention entre le MJS, le ministère de Tourisme (ONMT) et le ministère de l’Intérieur. Le dénominateur commun : A la tête de ces ministères, bien avant le deuxième remaniement gouvernemental, on trouve des ministres issus du même parti politique, le Mouvement Populaire.

SAISINE DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF
Devant l’entêtement du MJS qui refuse de lâcher prise, les membres du bureau de la FRMA ont décidé de saisir le Tribunal Administratif pour annuler ledit arrêté ministériel du fait d’un tollé d’incohérences.
‘’ D’abord, nous n’avons pas été notifiés en bonne et due forme. Nous avons tenu une réunion avec le ministre de la Jeunesse et des Sports, M.Mohand Laensser et nous avons découvert qu’il a été induit en erreur par ses subalternes. Nous sommes résolument décidés à aller jusqu’où bout car nous ne pouvons cautionner le mal. Nous avons nos arguments irréfutables et nous les étayerons lors d’une conférence de presse’’, a déclaré Youssef Alaoui, coordinateur chargé de la gestion de la FRMSA.
En tout cas, entre les décideurs du MJS, habitués à intervenir comme un éléphant dans un magasin de porcelaine et les membres de la FRMSA, dialogue de sourds il y a. Un MJS qui dissout des organes directeurs de fédérations sportives comme si ces dernières étaient des associations para-administratives. Des fédés avec des dirigeants amateurs et bénévoles auxquels on veut imposer une tutelle régalienne cocasse en vertu d’une loi incohérente et sans textes réglementaires!

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