Stratégie logistique : La charrue et les bœufs

 

L’importance du secteur de la logistique se mesure à l’aune de son impact direct sur la compétitivité de l’économie. La globalisation croissante de l’activité des entreprises conforte ainsi le Maroc dans la nécessité de renforcer son réseau de transport routier, autoroutier, ferroviaire, aérien et maritime. C’est la raison pour laquelle ce secteur figure parmi les principales priorités du gouvernement. Ce dernier engage tous ses efforts afin de réaliser des voies de communication modernes, facilitant les échanges commerciaux locaux, régionaux et internationaux et assurant la fluidité du trafic et la sécurité du transport des biens, mais aussi des personnes.Du fait du développement rapide de nombreux secteurs industriels au Maroc (automobile, énergies renouvelables, pêche, agriculture, etc.), une « stratégie nationale pour le développement de la compétitivité logistique » a été lancée par le ministère de l’Equipement et des transports en 2010. Il s’agit de construire 3300 ha de nouvelles plates-formes logistiques d’ici 2030 et d’optimiser les coûts de la logistique. Cette stratégie répondra, au passage, aux besoins des secteurs prioritaires (plan Emergence, plan Maroc Vert, etc). Aussi, et après une première phase de flottement, un plan d’accélération de la stratégie pour la compétitivité logistique a été ratifié devant le Roi en 2014 et prévoit la finalisation des schémas logistiques régionaux et la signature des contrats d’application y afférents pour un développement progressif des zones dédiées. Etalé sur la période 2014-2020, et en plus de l’opérationnalisation des plans d’action édictés par la stratégie, ce plan a pour ambition la structuration de la logistique urbaine et rurale, la création d’un opérateur logistique public spécialisé dans l’aménagement des zones logistiques, l’accompagnement et la mise à niveau des opérateurs logisticiens nationaux et l’attraction d’opérateurs internationaux de référence dans le secteur. Et afin d’encadrer la mise en œuvre de la stratégie logistique sur le moyen terme et de sécuriser les moyens et ressources nécessaires, un contrat programme entre l’Etat et l’Agence Marocaine de Développement de la Logistique a été prévu en attendant sa concrétisation.

Petite avancée
Selon les différentes études réalisées dans ce domaine, notamment pour le compte du ministère de l’Equipement et du transport et de celui en charge de l’Industrie, on relève que le coût de la logistique représente, selon les branches industrielles, de la moitié aux deux tiers des charges du facteur travail. Il est au minimum de l’ordre de 20% du PIB, soit deux fois supérieur à celui des pays de l’Union Européenne (10%) et les pays d’Europe Centrale, cela sans parler des émergents comme le Mexique, le Brésil et la Chine (15 à 17 %). De ce fait, le Maroc se situe au même niveau que les pays à faible revenu de l’Amérique Centrale où ce ratio se situe entre 20% et 25% du PIB. Dans les secteurs manufacturiers (mécanique, textile, électronique), ce coût atteint environ 25% de la valeur ajoutée et pour les exportations des produits agricoles ou la distribution, les frais du transport international représentent 15 à 30% du prix de ces produits. Depuis le lancement de la stratégie en 2010 qui se fixait comme date butoir l’année en cours, et sur les multiples objectifs fixés par cette feuille de route rattrapée par la politique du lance-pierre, la seule réalisation effective concerne la mise en place des premières zones logistiques à Casablanca où l’investissement public et privé dans les zones logistiques et leurs connexions sur la période 2010-2014 a atteint près de 5 milliards de dirhams pour un équivalent en superficie globale brute de 185 ha. Pour le reste, on en est au stade de l’identification et de l’étude. Dans ce sens, la mise en place effective, mais avec un décalage de 3 ans, de l’Agence marocaine de développement de la logistique a permis de redynamiser les différents chantiers de cette stratégie, notamment en matière d’identification de 2.700 ha sur les 3.300 ha prévus par le schéma national à l’horizon 2030.

Contrats sectoriels
L’AMDL compte parmi ses missions la coordination de la mise en œuvre des plans d’action sectoriels associant les acteurs publics et privés pour améliorer, structurer et développer les chaînes logistiques des principaux flux de marchandises. Dans ce cadre, l’Agence a organisé des comités de travail regroupant des départements de l’Etat et le secteur privé chargés de décliner le contrat Programme Etat-CGEM en contrats d’application sectoriels visant l’amélioration des supply chains de certains flux de marchandises (flux import/ export, produits agricoles, matériaux de construction, hydrocarbures et distribution interne). Dans ce sens, les contrats d’applications pour les trois filières de l’import-export, les matériaux de construction et la distribution interne ont été signés en mai 2014 et comportent plus d’une cinquantaine de mesures s’étalant sur la période 2014-2020 et visant l’émergence d’agrégateurs de chaînes logistiques, la facilitation des opérations logistiques import-export et la structuration de la logistique urbaine. Pour le reste des filières, les concertations sont toujours en cours.

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