SUBVENTIONS AFFECTÉES AUX FÉDÉRATIONS SPORTIVES : SANS HABILITATION !

Les fédérations sportives au Maroc reçoivent annuellement du ministère des subventions financières sans qu’elles ne soient habilitées pour ce faire. Voilà autant de couacs qui doivent inciter la tutelle à faire prévue de bonne gouvernance.

Hormis les fédérations royales marocaines du Golf et de l’Athlétisme, toutes les autres fédérations sportives ne sont pas habilitées par un arrêté ministériel, tout comme les statuts qui sont validées de fait sans avoir fait l’objet d’une publication au bulletin officiel. Le premier responsable de ce désordre normatif sinon de nonchalance est le ministère de la Jeunesse et des Sports qui ne veille pas à l’application de la loi spécifique au sport. Ces subventions sont mandatées aux fédérations sportives sur fond d’un contrat à objectifs. Leur source provient des ressources du FNDS (Fonds National du Développement du Sport), un compte spécial crée en vertu de la Loi des Finances de 1987 et amendé par celle de 2010. Entre 2013 et 2014, on a enregistré la bagatelle 300 MDH (soit 150 millions de dirhams par an) ayant profité aux fédérations sportives.
Sur les 44 fédérations sportives, 16 fédérations gèrent des disciplines non-olympiques. Plus de la moitié de ces fédérations n’ont pas l’étoffe d’une fédération sportive du fait du nombre squelettique de clubs qui y sont affiliées et qui dans certaines ne dépasse pas une dizaine. 33 fédérations n’ont même pas une seule ligue régionale. Plus des deux tiers ne disposent pas de direction technique nationale à proprement parler. Et pourtant, la tutelle, aussi démunie en ressources humaines techniques, renouvelle les contrats à objectifs avec ces fédérations sportives. Faut-il ajouter que les subventions sont accordées aux fédérations sportives sans critères. Tout dépend du président de la Fédération voire de l’arbitraire des décideurs au sein du ministère de la Jeunesse et des Sports. Au point que la subvention qui doit être un outil de développement et de la promotion de la pratique sportive pour atteindre l’excellence, est devenue un moyen de vassalisation pour ne pas parler de rente. La légalité d’une fédération n’est pas tributaire uniquement de la tenue de son assemblée générale statuaire mais de l’institutionnalisation de ses structures telle que la loi l’exige et dont le modèle décliné est la cogestion. Un modèle suranné en déphasage flagrant avec les nouveaux canons de la gouvernance du sport moderne.

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