Subventions financières aux fédérations sportives

0
Sans reddition des comptes

Affectées annuellement par le ministère de la Jeunesse et des Sports aux fédérations sportives sur la base de conventions d’objectifs, les subventions financières n’obéissent ni au principe de la reddition des comptes ni à la législation en vigueur. Décryptage.
Estimées à quelque 200 MDH mandatées aux fédérations sportives de disciplines olympiques, ces subventions proviennent du FNDS (Fonds National de Développement du sport ) dont les recettes nettes sont dégagées du bénéfice net de la MJDS, la Marocaine des Jeux et du Sport, une structure sociétaire étatique. Créé en vertu de la loi des finances de 1987 et amendé par celle de 2010, le FNDS, compte d’affectation spéciale, est régi par les décisions unilatérales du ministre de la Jeunesse et des Sports surtout quand il s’agit de la répartition des subventions où l’arbitraire prime sur l’arbitral.
L’absence de la reddition des comptes est un secret de polichinelle quand on parle du concours financier des fédérations sportives. Des subventions qui sont accordées à ces dernières sans qu’elles soient habilitées par le ministère de la Jeunesse et des Sports conformément à l’article 25 de la loi 30-09 sur le sport.
Des subventions dont les dépenses ne sont ni conformes aux conventions d’objectifs ni au principe constitutionnel de la responsabilité et la reddition des comptes ni à l’article 82 de la loi sur le sport voire la circulaire du Chef du gouvernement du 5 mars 2014.
En 2015, les observateurs ont apprécié le rappel de la Cour des comptes quant aux ministères qui accordent des subventions aux associations. Pour le ministère de la Jeunesse et des Sports, il fallait un deuxième rappel pour que ce département de la sinistrose communique la liste des fédérations sportives bénéficiaires des aides financières pour le compte des cinq années dernières.
Mais jusqu’à présent, la Cour des comptes n’a pas encore épinglé la gestion des fédérations sportives dont la plupart pâtissent de la mauvaise gouvernance. Le ministère de la Jeunesse et des Sports est de mèche car ce département gouvernemental au lieu de jouer le rôle de régulateur régalien, il dérégule de par sa nonchalance et son impuissance pour accompagner le mouvement sportif.
Quant au service dit de Suivi et d’Evaluation des Conventions d’objectifs , dépendant de la Direction des Sports, c’est du pipeau. Une direction des Sports dont les profils de son personnel sont compatibles avec tout sauf avec la chose sportive. Eh oui la chose sportive, une chose trop sérieuse pour la laisser aux apprentis sorciers.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus