Le torchon brûle entre gouvernement et syndicats

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Ceux qui ont parié que le gouvernement Benkirane allait changer de méthode à l’approche des électionsont du vite déchanter. L’Exécutif semble plus déterminé que jamais à mettre tout le monde à dos. Les syndicats en tête.

La grève générale organisée le 31 mai par les syndicats en protestation contre le projet de « réforme » des régimes de retraite en cours d’examen au niveau de la Chambre des Conseillers a pris une tournure politique. C’est du moins ce qu’affirment les syndicalistes. Au moment où les quatre centrales syndicales grévistes ont déclaré que la grève a été observée par 72,83% du corps administratif et 94% de celui des collectivités locales, le ministre de la Fonction publique a déclaré que « le taux de participation à la grève du mardi a oscillé entre 14 et 20% ».
De l’autre côté, pour le secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT), Miloudi Moukhariq, « la grève a été un franc succès en particulier dans le secteur des collectivités locales » qui, selon lui, « ont connu un arrêt total de pas moins de 3 208 collectivités ». Le successeur de Mahjoub Ben Seddik à la tête du plus ancien syndicat national a affirmé dans une déclaration reprise par Akhbar Al Yaoum qu’il s’agit d’une « grève politique ». « Cette expression qui était utilisée par le passé pour faire peur à certains, ne nous fait pas peur actuellement », a-t-il indiqué. « Oui, il s’agit bien d’une grève aux soubassements politiques pour affronter ce gouvernement entêté ! Vous voulez qu’on le laisse partir à l’aise aux élections ? », s’est-il exclamé. « Non, il nous est impossible d’arrêter, nous allons continuer notre programme de lutte jusqu’au 7 octobre », martèle-t-il. A noter dans ce sillage que cette position est loin d’être propre à la direction de l’UMT. Interrogé sur la question, le secrétaire général de la Fédération démocratique du travail, Abderrahmane El Azzouzi, nous a affirmé que « la position du gouvernement aura certainement un impact sur les prochaines législatives ».
Pour sa part, le ministre de la Fonction publique, Mohammed Moubdiî s’est désolé d’entendre de la part de M. Mourariq que la grève a des soubassements politiques. « Ça me désole beaucoup… il n’y a pas plus naturel que de voir des syndicats qui défendent leurs dossiers revendicatifs, mais s’il s’agit-là d’une grève politique, c’est que c’est désolant », a-t-il déclaré ajoutant qu’« en tout état de cause, on ne peut priver personne de son droit de grève ».
L’été s’annonce d’ores et déjà très chaud puisque les syndicats, qui ont appelé leurs adhérents à travers leur communiqué à plus de mobilisation, prévoient d’autres actions, notamment, durant le ramadan et pendant l’été, y compris sur les lieux d’estivage. En plus des actions à mener par les jeunesses syndicales à la rentrée, à quelques semaines des élections législatives.

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