Tractations autour de la composition du gouvernement: 100 jours de plus pour A. Benkirane !

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« En avril, ne te défiles pas d’un fil », dit l’adage. Reclus qu’il est chez lui, en se tenant bien au chaud par ces temps de grand froid, Abdelilah Benkirane, chef de gouvernement désigné, ne trépigne plus d’impatience de voir l’accord sur une majorité de gouvernement aboutir dans les plus brefs délais. Il a tout le temps de laisser mijoter les autres dans leur jus… Fort qu’il est d’un soutien royal indéfectible qui se serait exprimé via la voie la plus autorisée qui soit : Fouad Ali Al Himma, apprend-on par voie de presse. Rien d’officiel, cependant, ce qui relance la bataille entre scénaristes prompts à se saisir de la chose politique pour construire des trajectoires et forger y compris des statures pour ceux qui cherchent encore à asseoir leur charisme. Poussé dans ses derniers retranchements par le négociateur en chef qu’est devenu Aziz Akhannouch, puissant homme d’affaires porté aux commandes du RNI, le leader du PJD qui croyait «les carottes cuites» à l’issue du scrutin du 7 octobre qui a propulsé la machine électorale islamiste aux devants de la scène, a fini par être dégrisé par la complexité de la situation. Le sentiment d’inconfort allait se renforcer avec l’offre de majorité qui lui a été faite par le nouveau cador du parti de la colombe. Dans le lit douillet qui s’apparente à un panier d’offrandes, on y trouve tapies au fond les formations de l’UC, allié naturel du RNI, le MP et last but not least l’USFP. Bref, de quoi faire passer à Benkirane l’amère pilule de la disqualification d’un Istiqlal auquel il s’accrochait tant et permettre la constitution au pied levé d’une majorité à cinq, bien plus forte. De guerre lasse, le staccato des communiqués ayant cédé la place à un silence propice à l’introspection, le leader des islamistes a préféré lever le pied tout en multipliant les gestes de bonne volonté, à l’image de l’élection de Habib El Malki au perchoir, es qualité de candidat unique. Une affaire qui dépasse les clivages politiques puisqu’il y va de l’avenir africain du Royaume, le Roi ayant exprimé son souhait de voir l’Acte constitutif de l’Union africaine avalisé par le pouvoir législatif avant la date fatidique du 28 janvier, date à laquelle le sommet panafricain devrait se réunir à Addis-Abeba. Nul besoin de rappeler que depuis, d’aucuns se sont empressés de voir A. Benkirane acculé à accepter la solution du RNI pour enfin permettre à l’Exécutif de voir le jour. Mais c’était sans compter avec la réactivité du leader du PJD qui, sous la pression des siens, n’entend nullement se déjuger en acceptant l’élargissement de l’entente politique à l’USFP. A ce niveau, il y a lieu de parler d’un véto brandi par le PJD face au RNI. Dans les rangs islamistes, on imagine mal sceller une alliance avec les socialistes alors que des changements notables pourraient intervenir, au mois de mars, lorsque l’Istiqlal aura bouclé son congrès. Avec, à la clé, le départ du tonitruant Hamid Chabat. Une alternative qui pourrait, le cas échéant, ramener A. Akhennouch a de meilleurs sentiments vis-à-vis d’un PI désormais plus fréquentable. Mais ce n’est là que pures conjectures. A. Benkirane pourrait, dès avril, afficher clairement ses ambitions pour le gouvernement. Soit avec le RNI, pour une large coalition qui engloberait aussi l’Istiqlal, soit en se repliant sur ses fondamentaux qui excipent l’exclusion de la formation de la Colombe. Assurément, les observateurs du jeu politique sont réduits encore à nourrir l’opinion de conjectures. En attendant de voir si A. Benkirane va ou non se défiler. Et le cas échéant détricoter le grand mystère qui entoure les tractations politico-politiciennes dont le pays cultive savamment les secrets.

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