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Tractations autour de la majorité : Benkirane face à ses démons

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« Avec le temps va, tout s’en va… » chantait Léo Ferré. On imagine mal qu’un Abdelilah Benkirane puisse fredonner cette chanson qui est loin de cadrer avec son registre culturel. Mais il peut compter sur d’autres pour lui rappeler que « tout s’évanouit », même ses rêves les plus fous de pouvoir dicter ses quatre volontés aux partenaires politiques qu’il courtise, assidument, pour composer le gouvernement pour lequel il a été mandaté. C’est dans ce cadre qu’il faudra placer le pragmatisme dont il a fait preuve, la mort dans l’âme, en ne conditionnant plus la formation de l’Exécutif à une participation istiqlalo-chabatienne des plus hypothétiques. Qui blâmer dans cette quête tortueuse d’une majorité bigarrée si ce n’est le chef du gouvernement désigné ? Car A. Benkirane aurait pu emprunter la voie royale en se liguant aux formations de l’ancienne Koutla démocratique et présenter un gouvernement neuf, avec les socialistes de l’USFP. Même au prix d’une majorité fragile numériquement. L’essentiel étant de présenter au peuple un contrat programme de gouvernement qui tienne ses promesses, éminemment défendable et socialement soutenable. Mais à trop vouloir disposer d’une technostructure non recrutable en dehors du RNI, A. Benkirane ne pouvait que déchanter. Face à la barre placée très haut par un Aziz Akhennouch qui s’est révélé d’une autre étoffe « politique », manœuvrier à souhait et capable de dire halte lorsque l’intérêt l’exige. Bien entendu, le dur-à-cuir leader islamiste peut s’accommoder des critiques qui fusent parmi ses affidés en voyant en l’ouverture douloureuse sur le RNI non plus la mobilisation de l’expertise exigible dans la gestion des affaires publiques, mais plutôt la bénédiction des hautes sphères qui tiennent les manettes du pouvoir. Et accédera aux desiderata d’un A. Akhennouch devenu incontournable dans tout casting gouvernemental. C’est ce que les tractations qui se déroulent toujours pour la formation du nouvel Exécutif finiront par révéler. C’est-à-dire la reconduction pure et simple de l’ancienne majorité qui n’a pas été jugée par les électeurs sur son bilan. Tellement le parasitage de la campagne électorale a réussi, au prix d’une victimisation tous azimuts, à mettre sous le tapis les véritables enjeux des législatives. Tout ce ramdam pour garantir le retour des mêmes partisans sur le devant de la scène ? Voilà qui conduit nombre d’observateurs à ne voir en la démarche de Si Abdelilah qu’une réplique de l’incurie d’un Djoha lorsqu’on lui demanda de montrer son oreille du doigt. Sa main droite s’est précipitée vers l’oreille gauche. Autant dire que l’économie du temps et du geste ne sont pas le propre de Benkirane. Gageons que le lexique politique marocain s’enrichira d’autres perles pour louer les anges et vouer aux gémonies les démons. Démoniaque exercice…
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