Transport routier : Vétusté et informel

Pour que tous les chaînons de la logistique s’emboîtent parfaitement, le transport routier doit subir une révolution. Car le secteur reste prisonnier de la rente, de l’informel et de la vétusté. Autant de facteurs structurels qui renchérissent le coût et impactent négativement la compétitivité des entreprises nationales.

Le transport routier requiert une place importante dans la chaîne logistique. Charpenté autour de 60.000 km et 1500 km d’autoroutes, le réseau routier reste prépondérant tant pour la mobilité des personnes (90%) que pour les flux de marchandises (75% hors phosphates). En effet, les dernières statistiques du secteur montrent à quel point le secteur et son développement sont importants. Cette branche, qui représente près de 6% du PIB et plus que 10,3% de la valeur ajoutée du secteur tertiaire, emploie près de 250.000 actifs (soit plus de 10% de la population active), absorbe près de 34% (tous modes de transport confondus) de la consommation énergétique totale et génère plus de 15% des recettes du Trésor.
Cependant, malgré des améliorations ponctuelles, la filière ne parvient pas à sortir du marasme qui la touche. Le transport des marchandises reste très peu développé et pâtit de plusieurs maux qui freinent son développement et entravent même son fonctionnement. Parmi les difficultés dont pâtit le secteur, il y a lieu de citer l’atomicité et la fragmentation qui se reflètent dans la composition du secteur dominée par les TPE et les PME. Ces dernières représentent pas moins de 95% des entreprises opérantes dans le secteur, donc 90% sont des entreprises individuelles (SARL). À cela s’ajoute la vétusté du parc (55% du parc de ces véhicules sont âgés de plus de 10 ans, dont 22% dépassent 20 ans) et les difficultés rencontrées par les opérateurs en matière de rajeunissement et d’expansion (les mêmes infrastructures qui supportaient la circulation de 1,5 millions de véhicules il y a 10 ans supportent actuellement plus de 3,28 millions de véhicules (stat 2013). De même, la forte concurrence exercée par l’informel, dont la part dépasse 40%, constitue un véritable handicap au développement du secteur.
L’ensemble de ces facteurs contribue à rendre le coût du transport relativement élevé et impacte négativement la compétitivité de la production nationale. Force est de constater que depuis le lancement de la réforme du secteur de transport routier de marchandises en 2003, on n’arrive toujours pas, 12 ans après, à mettre un terme aux situations de rente et de monopole qui le caractérisent et à hisser le transport national au niveau des standards internationaux.

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