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Trêve fragile en Syrie : Pour Damas, l’eau avant Astana…

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Le langage des armes reste toujours en vigueur en Syrie malgré la trêve à laquelle s’accroche Russes et Turcs pour faire aboutir les pourparlers de paix programmés à Astana, au Kazakhstan. Rien de plus logique puisque de la trêve plusieurs groupes terroristes sont exclus, en tête desquels Daech et Al-Nosra. Voilà pourquoi les combats continuent en Syrie, malgré le cessez-le-feu décrété la semaine dernière, notamment dans la localité rebelle de Wadi Barada, à une quinzaine de kilomètres de Damas, particulièrement stratégique puisqu’elle abrite les ressources en eau qui alimentent la capitale. Sur un autre front, à Idleb, dans le nord-ouest du pays, plusieurs raids ont frappé, mardi 3 janvier, des djihadistes du Front Fateh al-Cham, branche syrienne d’al-Qaïda.
Les raids ont visé l’un des sièges les plus importants du groupe en Syrie, dans la localité de Sarmada. Les avions ont effectué plusieurs passages et attaqué aussi un check-point du groupe djihadiste. L’ancien Front al-Nosra a accusé dans un message sur l’application cryptée Telegram les avions de la coalition internationale, dirigée par les Etats-Unis, d’avoir mené les bombardements.
Dans un tweet, l’opposant syrien Bassam Jeara a accusé des groupes rebelles, qu’il n’a pas nommés, d’avoir « trahi » Fateh al-Cham en fournissant à la coalition internationale les coordonnées des positions visées par les raids. L’ « émir » de cette branche d’al-Qaïda à Wadi Barada, exclue de la trêve par Moscou et Ankara, a reconnu la responsabilité de son groupe dans l’interruption de l’approvisionnement en eau de Damas et de ses environs depuis le 22 décembre, privant quatre millions de personnes d’eau courante. De violents combats se déroulent dans ce secteur pour assurer à l’armée arabe syrienne de reprendre la source d’Al-Fija qui alimente la capitale. Dans la Ghouta orientale, là où des accords peuvent toujours être négociés avec les rebelles qui acceptent de jeter leurs armes, des offensives sont menées vers deux villages, Mayda-ani et Hazrama, deux fiefs rebelles.
Il faut dire que la trêve reste des plus fragiles en Syrie au regard de la multiplicité des acteurs qui, par forces interposées, perpétuent la crise. Déjà, l’armée russe parle de plus d’une vingtaine de violation de la trêve sur divers théâtres d’opération. Même Alep, reprise récemment par le régime syrien, n’échappe pas à cette désolante réalité d’instabilité où seules les armes parlent. En attendant Astana ?
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