Trêve hyper-fragile en Syrie : Le front du Golan s’embrase…

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Depuis lundi 12 septembre 2016 à 18 heures, une trêve entre les rebelles syriens et l’armée arabe syrienne est entrée en vigueur en Syrie. Défini après un accord entre la Russie et les États-Unis, ce cessez-le-feu ne concerne, bien évidemment, pas les troupes islamistes de Daech et de Front Fateh al-Cham (branche syrienne d’Al-Qaida connue auparavant sous le nom de Front Al-Nosra). Mais d’ores et déjà, Moscou a fait valoir que les forces rebelles ont violé plus de 25 fois le cessez-le-feu dont les termes devraient être rendus publics pour éviter tout amalgame. La diplomatie russe estime, en effet, que la position américaine prête largement à confusion pour ce qui est de la classification des groupes rebelles en lien avec la branche locale d’Al-Qaida. Plus, des informations font état de la volonté américaine de voir l’aviation syrienne clouée au sol pour mieux s’investir dans le processus de normalisation. Une position que Moscou voit d’un mauvais œil, la lutte contre le terrorisme en Syrie ne saurait être, aux yeux des Russes, sans l’implication des forces syriennes.
Un accès humanitaire aux zones assiégés, dans la région d’Alep, va pouvoir se dérouler sitôt le calme établi. Mais sur ce chapitre aussi, les choses sont loin d’être clairement définies : les forces rebelles exigent que les envois d’aide, en provenance de Turquie, ne soient aucunement soumis à un quelconque contrôle des forces syriennes. Il y a lieu de rappeler que selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, quelques heures avant le début de la trêve, plusieurs bombardements se sont déroulés notamment dans les régions de Taiba al-Imam, Kawkab, Hama, Goutha et Duma causant trente et un morts.
Si l’armée syrienne a annoncé le gel de ses opérations militaires sur tout le territoire syrien pendant 7 jours, soit jusqu’au 18 septembre à minuit, elle précise toutefois qu’elle « se réserve le droit de riposter à toute violation de la part des groupes armés ».
Mais l’évolution la plus notable est le risque d’embrasement dans la région du Golan, là où l’armée syrienne a annoncé avoir abattu, via des SAM 5 S 200, un chasseur israélien ainsi qu’un autre avion de reconnaissance. Une annoncé vite démentie par l’armée israélienne qui confirme que sa chasse avait essuyé des tirs de missiles hostiles sans autre effet. Les observateurs de la scène syrienne y voient une riposte israélienne au gel des combats obtenu au pris d’âpres négociations entre Moscou et Washington… Tel-Aviv intervenant dans le conflit syrien pour s’arroger le droit de disposer d’une zone tampon dans la région du Golan. La question qui se pose dès lors serait de savoir jusqu’où irait l’escalade sur ce front là. En tout cas, Moscou s’est empressé d’appeler Damas et Tel-Aviv à faire preuve de retenue… Tout en soulignant que la Syrie a le droit de défendre son intégrité territoriale. D’ailleurs, il est fort à propos que de rappeler que le pouvoir syrien n’a pas hésité à condamner l’invasion turque de son territoire rappelons qu’une telle offensive ne saurait rester sans riposte appropriée.

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