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Tristes téloches par temps de pandémie…

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Allal El Maleh
Allal El Maleh

Même les pouvoirs publics qui peinent à faire entendre raison aux citoyens pour se calfeutrer chez eux n’ont pas réussi à se faire une place dans ce maelström. La Santé qui a choisi pour un certain temps d’exploiter ce champ communicationnel s’est vite ravisée pour enfoncer les portes ouvertes de la communication traditionnelle du terroir : le grand aléatoire !

Il faudra attendre que le Covid-19 trépasse, façon de dire puisque ce virus mortel est sans vie, pour que l’on dévoile les grands centres d’intérêt des confinés sous nos cieux. Et gageons que les sites pornographiques libres d’accès auront remporté la palme d’or. Le pauvre hère de l’Institut Pasteur qui a déblatéré sur le sexe par temps de coronavirus aura-t-il mis les Marocains sur la voie du point G ? Attendons pour voir…

L’Unesco qui s’est évertué à mettre à la disposition du grand public des œuvres mondiales jusque-là inaccessibles sera-t-il remercié pour autant ? Que l’on nous permette de douter… Car nul n’aura revisité « La Peste » ni tenté de refaire le plein d’un savoir à bout de clic. Drôle de condition humaine que celle qui renvoie de nous la triste image de notre condition. Celle qui frise l’insoutenable légèreté de l’être.

Normal, diront nombre d’observateurs de la chose publique qui tiennent pour responsable des choix politiques qui ont de tout temps dévalorisé la culture et ses représentants. Le Maroc n’est pas une exception sur la scène arabo-musulmane. On comprend dès lors pourquoi nos pauvres hères errent entre les chaines satellitaires qui assurent gratis un lavage de cerveau systématique. L’enfilade des programmes engloutis quotidiennement et sans filtre aucun depuis le Machrek a de quoi transformer l’opinion locale en réceptacle parfait de toutes les tares qui ont secoué, et le font toujours dans un bain de sang inimaginable, nombre de pays. Silence, on décérèbre toujours ferme. Et plutôt que de réagir à ces constats alarmants établis depuis de longues années déjà, les supposés veilleurs sur la primauté du paysage audiovisuel marocain (PAM) sont les premiers à noyers leurs canaux de programmes vides importés avec, en prime, un luxe de décalage.

On comprend dès lors pourquoi les chaines de télé publiques sont dévaluées aux yeux des téléspectateurs nationaux. Tristes téloches.

Reste à définir qui mérite les taloches capables de réveiller ceux qui somnolent parmi les responsables du PAM.

PS : Une étude établie par le Ciaumed vient de signaler que la durée d’écoute par individu (DEI) est montée à 5h59 durant la semaine du 18 au 24 mars, contre une moyenne de 4h durant le mois de février, soit une hausse de 50%. 2M qui occupe la plus grande part d’audience a attiré 29,6% des individus âgés de 5 ans et plus, sur l’ensemble de la journée et en prime time.. Al Aoula arrive en 2e position en captant 14,5% des personnes âgées de 5 ans et plus pendant la journée, contre 29,3% en prime time. Les chiffres du Ciaumed révèlent que l’émission dédiée au coronavirus, diffusée vendredi 20 mars vers 22h sur la 2M, a attiré 6.050.000 téléspectateurs, soit une part d’audience de 35,7%. Le programme le plus regardé sur la chaîne reste le feuilleton « Fadila Wa Banatouha », qui a rassemblé 10.762.000 téléspectateurs mardi 24 mars, soit une part d’audience de 65%.  Le journal télévisé en arabe d’Al Aoula, qui démarre vers 21h, a pour sa part réuni 7.074.000 téléspectateurs (40,7% de part d’audience) le samedi 21 mars. 

Mais dans ce décompte, on ne sait pas où se situe la part des enfants qui restent collés au petit écran pour suivre les programmes scolaires. La part du vrai et du vraisemblable dans l’étude du Ciuamed mérite réflexion. Une autre fois, alors… 

 

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