Trois questions à Nourreddine Iraki, président du MAS: Comment sortir des sentiers battus ?

Un an après l’installation à deux reprises d’un Comité Provisoire, la Fédération Royale Marocaine de Basket-ball est toujours face à un cul-de-sac. Les raisons pullulent et ledit Comité Provisoire s’est avéré être composé de bons à rien. La situation se corse de plus en plus et les grands clubs revendiquent le changement de ce Comité Provisoire pour assainir la situation. Pour éclairer les lanternes de notre lectorat, nous nous sommes entretenus avec l’un des grands dirigeants des grands clubs du basket-ball, Noureddine Iraki en l’occurrence, président du MAS. Dans cette interview, N. Iraki qui agit en tant que dirigeant réformiste a décortiqué d’une manière constructive la crise structurelle du basket-ball national. Sa démarche préconise  à faire sortir la FRMBB d’un cercle vicieux pour la mettre dans un cercle vertueux sur la bases de réformes et non de réformettes pour ‘’ réformer la réforme et changer le changement ‘’ !

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Trois questions à Nourreddine Iraki, président du MAS: Comment sortir des sentiers battus ?

Quelles sont, pour vous, les vraies raisons qui sont derrière cette situation de blocage de la Fédération Royale Marocaine de Basket-ball ? Une situation qui n’a que trop duré sans que le ministère ne parvienne à l’assainir et à la réguler ?

Nourreddine Iraki : Les vrais raisons du blocage de la FRMBB sont principalement d’ordre de lenteur ou d’hésitation du ministère à appliquer d’une façon intransigeante la loi.L’absence de mesures répressives en a donné du fil à retordre. On a du mal à voir les deux rapports d’audit jetés aux orties. Un rapport d’audit alarmant définitif depuis juin 2018 et aucune conséquence ni décision de la part des autorités et un rapport d’un expert judiciaire sans suite ni poursuite !

Pourtant le ministère a désigné à deux reprises un Comité Provisoire…Une usine à gaz ?

 La nomination de deux Comités provisoires n’a pas apporté les réponses et les solutions estompées jusqu’à présent. En effet, après 13 mois de la nomination du Premier Comité Provisoire , le Basket-ball est toujours sous anesthésie. Aucun avancement tangible n’est constaté.

Le temps passe et le désespoir grandit davantage au sein de la famille du Basket-ball. Deux saisons sportives sans activités, sans compétitions, et le pire, sans le moindre avancement au niveau de la restructuration du sport.

Les projets des statuts et règlements généraux qui ont été soumis aux votes lors de l’AG extraordinaire n’ont pas donné satisfaction. Résultat, approbation des statuts malgré certaines incohérences et surtout refus d’approbation des règlements généraux.

Ces règlements généraux n’ont pas répondu aux attentes des vrais acteurs du basket-ball. Ils n’ont pas tenu compte de nos recommandations et donc ne sont pas adaptés aux besoins du basket-ball national. En plus, l’AGE a été émaillée par des tas de vices de forme quant à la délibération et à la procédure de vote.

Vous insistez beaucoup, comme d’autres dirigeants, sur les réformes nécessaires…C’est quoi au juste ces réformes que vous revendiquez ?

Les réformes que je recommande à l’instar de plusieurs dirigeants avec qui je partage les mêmes revendications et les mêmes valeurs sont multiples et en même temps sont simples à mettre en place. Je cite, entre autres, la réforme de la représentativité à l’AG, le pouvoir décisionnel est aux mains majoritairement des clubs de 3éme divisions (60%). Ce qui est aberrant, incohérent et surtout non productif pour le Basket-ball marocain.

Cette dérive donne l’opportunité aux personnes malintentionnées de manipuler facilement une partie de cette division pour des fins électoralistes, ce qui biaise les enjeux de la démocratie sportive qui ne peut plus fonctionner sur fond d’un suffrage universel direct mais qui doit être régie par le suffrage censitaire. Le sport est une affaire de spécialistes, chacun dans son domaine. 

Il y a aussi la réforme du cumul des fonctions: pour empêcher certaines personnes d’avoir un pouvoir excessif qui les amène souvent à des abus, voire à des conflits d’intérêts. L’une des causes principales qui mine la Fédération Royale Marocaine de Basket-ball et toutes ses composantes.

Nous avons vécu cette malheureuse expérience avec le Comité Directeur Fédéral écarté après le gel de ses fonctions où certains de ses membres étaient aussi présidents de commissions, présidents de ligues et de clubs.

Je me demande comment une personne peut exercer sérieusement et effectivement toutes ces fonctions en même temps et, surtout, éviter les conflits d’intérêts.

Aussi recommandons-nous un code électoral qui n’existe toujours pas et dont la FIBA ne cesse de revendiquer. L’absurde serait de procéder aux élections du Comité Directeur Fédéral sans code électoral et sans procédures. 

 Et, in fine, la réforme des commissions qui doivent fonctionner en toute indépendance et non présidées par des présidents de clubs. Autrement dit, il faut la rupture d’avec le système de désignation et instaurer le système des élections et de l’exigence de la compétence. 

Aussi, je demande l’examen des dossiers juridiques des clubs. En effet, plus de 40% des clubs n’ont pas payé leurs affiliations des 4 dernières saisons (déduction du rapport financier de la FRMBB saison 2017/2018)

Plus de 60 clubs ont vu le jour ces 4 dernières années sans qu’ils soient approuvés par une AG

Les agréments octroyés par le ministère sont, en partie, non conformes aux exigences requises. Des clubs sans catégories des jeunes ni assurance…ont eu leurs agréments. C’est vraiment révoltant et l’on a du mal à relancer le développement du basket-ball sans avoir achevé les réformes qu’il faut.

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