Turquie : entre purges et unanimité… sans kurdes !

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En Turquie, la poursuite des purges depuis le putsch raté du 15 juillet dernier, n’exclue pas les manœuvres politiques d’un pouvoir qui fait tout pour se renforcer. L’exécutif turc tente de séduire les principaux partis d’opposition qui ont dénoncé dès les premières heures la tentative de coup d’Etat militaire. Une union nationale de circonstance dont Recep Tayyip Erdogan tente de tirer profit, est même promue à grands coups médiatiques. Sauf que l’unanimité reste de façade puisque les forces pro-kurdes, présentes pourtant au Parlement, sont dédaignées. Le chef du gouvernement joue ainsi la carte du Président. Binali Yildirim a rencontré lundi 1er août les leaders du CHP kémaliste et des ultranationalistes du MHP, tous deux dans l’opposition. Suivant ainsi le président turc qui avait fait pareil la semaine dernière. Objectif ciblé de ces rencontres médiatisées : convaincre l’opposition de voter en faveur de changements constitutionnels qui devraient être mis en place et tochant essentiellement les renseignements et la justice.
Recep Tayyip Erdogan fait tout pour maintenir cette union nationale face au mouvement Gülen qu’il charge de tous les maux, putsch raté en tête. Le président a invité les chefs de partis au grand rassemblement dimanche prochain « pour la démocratie et en mémoire aux victimes du putsch ». Il a aussi levé les accusations d’insultes au président qui pesaient contre les deux leaders de l’opposition. Bien entendu, cette mécanique « unanimiste » qui semble bien huilée est enclenchée de façon à happer dans son engrenage la formation progressiste pro-kurde. Le HDP est sciemment exclu des marchandages en cours.

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