Turquie-Europe : Je t’aime, moi non plus !

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Les voix se font entendre de plus en plus fortement dans les capitales européennes pour dénoncer les dérives autoritaires de Recep Tayyip Erdogan. Poussant le président turc à brandir la menace de soumettre la question de l’adhésion à l’UE à un référendum et à annoncer qu’il se rapprocherait davantage de l’Organisation de coopération de Shanghaï (Chine, Russie, Inde, Pakistan et ex-républiques soviétiques d’Asie centrale), dont il est Etat partenaire depuis 2012. Les députés européens devaient voter aujourd’hui, depuis Strasbourg, pour ou contre une résolution concernant le gel des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Alors que mardi dernier, dans l’hémicycle, les parlementaires condamnaient « vivement les mesures disproportionnellement répressives prises en Turquie depuis le cop d’état militaire manqué » du 15 juillet 2016 et se lançaient dans la rédaction de cette résolution. Une décision prise alors que la Turquie procédait au limogeage de 15 000 fonctionnaires supplémentaires qui s’ajoutent aux 700 déjà épurés comme 7 600 membres des forces de la sécurité intérieure, 2 700 du ministère de l’Intérieur, 1 200 de l’enseignement et la fermeture de 375 associations et neuf médias. 35 000 Turcs ont été arrêtés depuis le putsch et la proclamation de l’état d’urgence prolongé depuis.
La décision des députés laisse planer peu de doutes après les déclarations des représentants des principaux groupes politiques au sein du Parlement européen (Sociaux-démocrates, Libéraux, Parti populaire européen). D’autant plus que leur message est relayé par Federica Mogherini, chef de la politique étrangère de l’UE, et Johannes Hahn, commissaire européen en charge du voisinage.
Tous plaident pour ce gel, tout en voulant laisser la porte ouverte au dialogue. La ligne rouge à ne pas franchir demeure le rétablissement de la peine de mort en Turquie selon certains. Elle a été abolie en mai 2004 mais aucune exécution ne s’est déroulée depuis 1984. Mais, en octobre 2016, le président turc a annoncé qu’il soumettrait à son parlement un projet pour la rétablir.
Si la suspension officielle des négociations dépend du seul Conseil européen, un vote positif des députés européens résonnerait fortement aux oreilles du président Erdogan qui pourrait couper les ponts avec l’Union européenne notamment sur des dossiers sensibles comme celui des réfugiés.
Le processus d’adhésion a débuté en octobre 2005. Un seul, sur les trente-cinq nécessaires, a été bouclé : celui sur « Science et recherche » en juin 2006.

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