Turquie : Un proche d’Erdogan propulsé Premier ministre

Recep Tayyip Erdogan, chef de l’Etat turc qui focalise autour de lui l’ire des milieux démocrates, vient de désigner son compagnon de route Binali Yildirim, jusqu’alors ministre turc des Transports, pour succéder au Premier ministre Ahmet Davutoglu à la tête du parti au pouvoir et du gouvernement. Une décision qui n’a pas étonné nombre d’observateurs qui voient en le départ de Davutoglu une défaite de la politique de conciliation aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. En effet, le virage pris par Ankara au cours de ces derniers mois renforce la main mise de l’AKP sur tous les rouages de l’Etat turc pour la gestion musclée du dossier kurde (la levée de l’immunité parlementaire qui pend au dessus de la tête du groupe kurde laïc au sein du parlement n’est que le symptôme du malaise qui sévit dans le pays) ainsi que pour enterrer le théorème de « Zéro ennemi » promu naguère par le Premier ministre sortant à l’endroit du voisinage en butte au chaos (Irak et Syrie, notamment).
Le sexagénéaire B. Yildrim est le seul candidat en lice, dimanche, lors d’un congrès extraordinaire de l’AKP. Ce qui donne plus d’épaisseur aux craintes exprimées par les détracteurs d’Erdogan qui ambitionne de renforcer davantage son pouvoir quitte à verser dans l’autoritarisme. Rien d’étonnant dès lors que de voir Yildirim s’engager, selon ses dires, à «débarrasser la Turquie de la calamité du terrorisme», rejoignant ainsi la ligne dure fixée par Erdogan contre le PKK.

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