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Un reliquat du 20 février… L’espoir du changement 

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Allal El Maleh
Allal El Maleh

Ils étaient quelques dizaines, à tout casser, à battre le pavé en ce 20 février, face au Parlement, à Rabat. Triste anniversaire pour une « movida » marocaine qui avait tenu en haleine le Royaume, poussé le pouvoir à réviser la Constitution et dans la foulée, porter le PJD à la tête de l’Exécutif. Il faudra peut être attendre de voir comment le collectif de soutien aux militants du Hirak marocain devrait réagir à Casablanca, épicentre de la contestation, pour affirmer si oui ou non l’esprit du changement est toujours là. Surtout qu’entre-temps, les Islamistes modérés, regroupés sous la bannière d’une lampe, ont finement manœuvré pour s’approprier les principales revendications du M20F et en faire un fonds de commerce électoral. La naïveté des uns et le romantisme des autres aura servi de levant pour les enfants putatifs de la Confrérie islamiste qui, exécrés et redoutés hier, ont fait preuve d’un grand pragmatisme, en montrant pate blanche à qui les attendait au tournant pour mieux s’incruster dans le système. N’ont-ils pas re-scoré deux saisons de suite en laissant en plan les revendications légitimes de ce qu’il a été convenu d’appeler « Printemps marocain » ?

Jamais la mise en ligne des recommandations des institutions financières internationales n’ont été aussi scrupuleusement respectées que lorsque le PJD s’est arrogé le droit de co-gérer les affaires du pays en roue libre… Le populisme d’un Abdelilah Benkirane a servi de vade mecum pour faire gober aux Marocains pilule amère sur pilule amère. Résultat des courses, le pays est en mal de développement au point d’être forcé, aujourd’hui, d’en imaginer un autre. Les Marocains ont subi déclassement sur déclassement et se tâtent toujours le matin pour s’assurer qu’ils sont toujours de ce monde. Jamais le libéralisme sauvage n’a été aussi expressif sous nos cieux qu’avec le parti de la Lampe qui ne caresse qu’un seul rêve qu’il n’ose afficher a giorno de peur d’être réprimandé: ré-islamiser la société !

Si dans la forme le PJD a fait siennes les revendications du Hirak national, il s’est empressé, dans le fond, de les vider de leur substance.

Cette triste réalité ne doit pas, loin de là, confiner au désespoir. Les vrais démocrates qui bataillent pour le progrès du pays et sa modernité ne s’avouent pas vaincus pour autant. Sceptiques, certes, ils ne se font pas d’illusion. Les batailles à venir pour sauver la démocratie des démons qui la rongent de l’intérieur, restent dures. Une raison de plus de ne rien lâcher et forcer le destin pour qu’un autre récit national autre que régressif soit d’actualité. Dès lors, la militance n’est pas passée de mode. Faire en sorte que le M20F ne soit plus que l’ombre de lui même mérite plus que les commémorations, aussi grandioses soient-elles. Batailler pour faire des idéaux exprimés il y a dix ans une réalité n’est pas l’œuvre des prisonniers du passé. Bien au contraire, c’est agir pour hâter leur réalisation sur le terrain. Et de ce processus harassant le pays sera redevable envers tous ceux qui le relancent sans se décourager…

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