Un tournant dans le conflit syrien: Militaires russes, américains et turcs en conclave à Antalya

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Une rencontre tripartite impromptue se tenait aujourd’hui à Antalya entre responsables militaires de haut rang russe, américain et turc. Le Chef d’Etat-major général des Forces armées russes, le général d’armée Valéry Guérassimov conduit les négociations avec le Chef d’Etat-major général de la Turquie, le général Hulusi Akar (la partie invitante) et le président du Comité des chefs d’états-majors des Forces armées des Etats-Unis, le général d’armée Joseph Dunford prennent part à cette rencontre inopinée pour passer en revue les questions liées à la sécurité en Syrie et Iraq. Cette rencontre intervient à un moment crucial dans la lutte contre l’organisation terroriste Etat Islamique dans la région. En effet, la bataille de Mossoul, capitale de la région irakienne de Ninive, avance inexorablement et promet de réduire drastiquement les foyers enconre tenus par les djihadistes de Daech. Tandisqu’en Syrie, la défaite cuisante de Daech à Al-Bab, verrou stratégique qui mène à Alep s’est opérée grâce à une alliance militaire contre-nature supervisée par Moscou. En effet, l’armée turque qui ferraille dans la région aux côtés de ses supplétifs, dans le cadre de l’opération « Bouclier de l’Euphrate », se trouve en face de l’armée syrienne qui a réussi, de son côté, à occuper plusieurs localités proches d’Al-Bab. Plus, Ankra qui aspirait profiter de cette dynamique pour investir Manbij, quitte à liquider au passage les combattants kurdes soutenus par Washington, aura vite compris qu’une telle perspective s’avère des plus périlleuses, d’autant plus que la Russie, allié de Damas, l’aura dissuadé d’entrer en confrontation directe avec l’armée syrienne qui a été chargée, au terme d’un accord passé avec les Kurdes, d’assurer le verrouillage des lignes de confrontation partant d’Al-Bab jusqu’à la frontière avec la Turquie.
C’est donc pour conjurer tout risque de confrontation entre alliés de circonstance que la réunion d’Antalya a eu lieu. Une réunion qui intervient au lendemain de l’annonce faite par l’alliance des combattants arabo-kurdes que sont les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par une présence militaire américaine, d’avoir coupé depuis lundi la principale route de ravitaillement reliant Raqqa, « capitale » de l’EI en Syrie, et la province de Deir Ezzor, au sud-est de la ville. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les FDS ont « réussi à couper la principale voie de ravitaillement de l’EI entre la ville de Raqqa et la province de Deir Ezzor« , une autoroute de 140 km dans la vallée de l’Euphrate. Des frappes aériennes de la coalition internationale menée par Washington ont également détruit plusieurs ponts sur l’Euphrate vers Raqqa, rapporte l’OSDH. « Couper la route entre Raqqa et Deir Ezzor signifie que pratiquement, l’encerclement de la capitale de Daech est achevé par la terre », assure-t-on du côté kurde. Seul le fleuve Euphrate permet de quitter la ville.
Ce développement constitue un revers majeur pour l’EI, cerné de toutes parts en Syrie, où il est ciblé par trois offensives distinctes, l’une menée par les FDS, une autre par l’armée syrienne appuyée par la Russie, et la troisième par la Turquie et ses alliés rebelles syriens.
En parallèle, l’armée syrienne continue ses avancées sur plusieurs fronts de la banlieue de Damas à Homs, témoignant d’une ferme volonté d’aller de l’avant pour récupérer toutes les zones perdues. En parallèle, il y a lieu de constater que la gueguerre fait toujours rage entre les groupes rebelles, Ahrar Al Cham, émanation du Front Al-Nosra (filiale d’Al-Qaida en Syrie), tentant d’éliminer tous ses rivaux qui sont tentés par la négociation avec Damas, sous la supervision de Moscou.

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