Une nouvelle page dans les relations maroco-espagnoles ?

L’agenda marocain du patron de. L’Exécutif espagnol se précise. Ainsi, Pedro Sanchez est attendu au Maroc le 17 décembre, rapporte l’agence de presse espagnole EFE pour co-présider, à Rabat, avec son homologue marocain, la XIIe réunion de haut niveau. La dernière fois que les chefs de gouvernements des deux royaumes ont tenu cet important rendez-vous remonte au 5 juin 2015 à Madrid. Au-delà du coup de fouet que Madrid tentera de donner à la coopération bilatérale, assez solide au demeurant, il n’en reste pas moins que des dossiers ne manquent pas d’ombrager les relations de bon voisinage entre les deux royaumes. A la migration s’ajoute le dossier saharien…

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Une nouvelle page dans les relations maroco-espagnoles ?

Pour son séjour au Maroc, P. Sanchez sera accompagné notamment par une délégation de décideurs économiques en tête desquels figurent deux « gros calibres », à savoir Antonio Garamendi, président de la Confédération espagnole des organisations entrepreneuriales, et Joé Luis Binet, président de la Chambre du commerce. Les médias ibériques n’ont pas encore révélé les noms des ministres du gouvernement de coalition de gauche qui accompagneront P. Sanchez à Rabat ni si un membre d’Unidas-Podemos sera parmi eux.

La XIIe réunion de haut niveau entre les deux pays intervient en pleine crise migratoire aux Îles Canaries. L’Espagne compte sur une implication effective du Maroc pour freiner les arrivées massives d’embarcations de fortune sur les côtes de l’archipel. Son ministre de l’Intérieur s’est déplacé le 20 novembre à Rabat pour aborder ce sujet avec son homologue Abdelouafi Laftite.

En 2019, l’engagement du Maroc sur ce front avait permis, selon les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur, de réduire de 50% la pression migratoire irrégulière sur les côtes andalouses et des Îles Baléares, forçant les réseaux d’immigration irrégulière à se rabattre sur d’autres voies, dont celles qui conduisent aux Iles Canaries. Nul besoin de rappeler dans ce cadre-là que les responsables espagnols n’hésiteront pas à aborder de nouveau le « dossier migratoire » avec leurs homologues marocains. Surtout que Madrid s’est démenée auprès de Bruxelles avec plus ou moins de succès pour débloquer des fonds à Rabat. En tout cas, la totalité des 140 millions d’euros promis par la Commission européenne n’a pas encore été versée à la partie marocaine. 

Au-delà de ce chapitre, la question du Sahara marocain sera certainement abordée à cette occasion eu égard à la position inamicale dont fait preuve la formation de la coalition aux affaires à Madrid, Podemos en l’occurrence. Même si le 2e  vice-président du gouvernement espagnol, Pablo Iglesias, qui a réagi négativement à l’opération des Forces armées royales du 13 novembre à El Guerguerate, a essuyé les critiques de ses pairs au sein de l’Exécutif espagnol. De quoi sera enveloppée la politique espagnole sur ce dossier ? On attendra donc, à Rabat, P. Sanchez. 

C’est certainement dans ce cadre-là qu’il faudra placer les récentes déclarations de la cheffe de la diplomatie espagnole. Laquelle a assure que la position de l’Espagne sur la question du Sahara «reste toujours inchangée» parce qu’il s’agit d’une «politique d’Etat»

«Au sein d’un gouvernement de coalition comme le nôtre, il peut y avoir des opinions différentes et des sensibilités différentes. Toutefois, notre position sur la question du Sahara demeure inchangée», a souligné Arancha Gonzalez Laya.jeudi lors d’une émission sur la radio nationale espagnole (RNE).

«La politique extérieure de l’Espagne est fixée par le ministère des Affaires étrangères en coordination avec le président du gouvernement», a relevé la cheffe de la diplomatie espagnole, faisant observer que la position de son pays sur la question du Sahara «est constante et n’a subi aucun changement».

La ministre a réitéré, la semaine dernière, que son pays plaide pour un «soutien total» au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, afin qu’il puisse «garantir le maintien du cessez-le-feu» au Sahara et faire avancer «une négociation qui permette une solution politique, négociée, juste et durable conforme aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU».

«Pour l’Espagne, l’important, ce sont les résolutions des Nations unies. Toutes. La dernière, en octobre de cette année, exprime clairement les paramètres de cette négociation», a-t-elle clarifié. Dans ce sens, A. G. Laya a indiqué avoir transmis elle-même cette position lors de «nombreux contacts maintenus ces derniers jours avec le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie et le Secrétaire général des Nations unies, pour promouvoir cette voie de dialogue».

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