USA-Russie: C’est encore mal parti !

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Rex Tillerson, futur chef de la diplomatie américaine, a fini par conquérir le Sénat qui l’a auditionné pendant plus de neuf heures. A plusieurs reprises, le patron d’ExxonMobil s’est démarqué des positions défendues par le président élu, Donald Trump. Le passage du poulain de l’hôte de la Maison Blanche sur le gril s’est déroulé dans un climat rendu lourd par les accusations portée à la Russie pour avoir interféré dans la campagne présidentielle US avec pour objectif de favoriser Donald Trump et de discréditer sa rivale Hillary Clinton. Quoi qu’il en soit, le milliardaire qui entrera à la Maison Blanche le 20 janvier, a nié avoir fait l’objet de pressions russes, après la publication par la presse de notes faisant état de dossiers compromettants sur lui et qui seraient aux mains de Moscou. Ce qui n’a pas empêché R. Tillerson de déclarer tout de go que « la Russie représente aujourd’hui un danger », tout en assurant que Washington et Moscou ne seront « probablement jamais amis » car leurs « systèmes de valeurs sont clairement différents ». Plus, il a condamné Moscou pour avoir « envahi l’Ukraine en s’emparant de la Crimée et apporté son soutien aux forces syriennes ». Le Texan de 64 ans qui s’exprimait pour la première fois depuis sa nomination le 13 décembre, s’est toutefois interdit de suivre le sénateur républicain Marco Rubio, qui a traité Vladimir Poutine de « criminel de guerre ». Celui qui a fait toute sa carrière chez ExxonMobil avait tissé dès 1999 une relation qu’il avait lui-même qualifiée de « très proche » avec le chef du Kremlin. Ce dernier l’avait d’ailleurs décoré en 2012 de l’ordre de l’Amitié, notamment pour les investissements d’Exxon dans l’industrie pétrolière russe.
Mais la proximité entre l’éventuel prochain secrétaire d’État et V. Poutine n’est pas du goût d’une partie du Sénat. L’élu démocrate Ben Cardin a ainsi accusé « le président russe d’avoir depuis plus d’une décennie tué l’émergence de la démocratie dans [son] pays et de s’être attelé à éroder le soutien démocratique en Europe ». « Nos alliés de l’Otan ont raison de s’alarmer de la résurgence de la Russie », a acquiescé R. Tillerson en condamnant les ambitions prêtées à Moscou en Europe.
Cette saillie contrebalance les ambitions de Trump qui avait vanté une détente Washington-Moscou et critiqué l’Alliance atlantique et son principe de solidarité entre États membres en cas d’agression extérieure. Plus, le Président élu qui n’a cessé de saluer l' »intelligence » de Vladimir Poutine, a encore affirmé mercredi lors de sa première conférence de presse depuis son élection que si le chef de l’État russe l’appréciait, c’était « un atout ».
Interrogé sur le piratage informatique durant la présidentielle, R. Tillerson a admis du bout des lèvres qu’on « pouvait raisonnablement penser » que le président russe était derrière. Mais pour l’industriel, novice en politique, la riposte américaine, sous forme de sanctions imposées par le président sortant Barack Obama, « fait du mal aux milieux d’affaires américains » désireux d’investir en Russie. Il ne s’est d’ailleurs pas engagé sur la poursuite de ces représailles juridiques et financières antirusses.
Rex Tillerson a aussi fait entendre sa différence face à Donald Trump sur d’autres dossiers stratégiques : il a assuré que les États-Unis continueraient d’œuvrer à la non-prolifération nucléaire dans le monde et qu’ils resteraient impliqués contre le réchauffement climatique.

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