Une valse à trois pour la majorité gouvernementale: Le temps, cet ennemi avec lequel pactise A. Benkirane

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Le temps a-t-il de la valeur en politique ? Peu pressé, Abdelilah Benkirane, chef de gouvernement désigné par le Roi à l’issue des élections du 7 octobre, fait durer le (dé) plaisir. Pas de gouvernement en perspective alors que certains le pressent d’y aller avec le PPS et le RNI, la majorité lui étant garantie par l’assentiment d’un Istiqlal qui entend jouer la partition du soutien au leader du PJD avec ou sans portefeuilles ministériels. Et le Maroc dans tout ça ? Les puristes diront que telle est la dîme à acquitter sur la voie de la démocratisation de la société. Mais est-ce que l’économie nationale dispose des ressorts susceptibles de faire rebondir le pays après des mois de « gestion des affaires courantes » marqués, eux, d’une paralysie en investissements. Mais aussi d’une grève des paiements des ardoises. Le pays mérite-t-il tout ça ? Nul besoin de rappeler le poids des contingences sous lesquels ploie le pays : un endettement qui s’emballe (dans sa double dimension interne et externe), un chômage qui galope, une production législative à l’arrêt… Et pourtant elle tourne ! Bien sûr que la Terre tourne toujours. Et ce n’est nullement une quelconque panne marocaine qui pourrait changer en quoi que ce soit l’ordre des choses. Une réalité qui doit interpeller nos politiques : le temps court vite. Il s’écoule… sans nous ! Et ce n’est certainement pas en lambinant dans sa démarche que A. Benkirane apporte un quelconque service au pays. Sans gouvernement depuis des mois, c’est la panne institutionnelle que l’on provoque. Une panne qui, il faut en convenir, dispose d’un incommensurable effet de ruissellement qui affecte tout, de haut en bas et de droite à gauche.
S’il y a un allié sur lequel doit compter tout décideur politique c’est bien le temps. Un temps qui s’il est bien exploité agit comme un « turbo ». Dans le cas contraire, l’allié risque de se transformer en ennemi mortel qui érode et détruit. La démocratie, comme exercice du pouvoir, ne saurait résister à autant de perte de temps. Cela induit un surcoût : la dé-crédibilisation de tout le jeu politique. Qui en sortira gagnant ? Certainement pas le pays. Et encore moins un peuple aux multiples attentes. Alors du nerf, pardi !

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