Verrouillage des frontières US: D. Trump fait l’unanimité contre lui

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Manifestations, condamnations politiques, pressions internationales… Neuf jours après sa prise de fonctions, le locataire de la Maison Blanche fait face, depuis dimanche 29 janvier, à un feu roulant de critiques après sa décision de fermer les frontières à tous les réfugiés ainsi qu’aux ressortissants de sept pays musulmans. En effet, c’est le décret paraphé par Donald Trump him self interdisant pendant quatre-vingt-dix jours toute entrée sur le territoire américain des ressortissants de sept pays (Yémen, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, et Irak) qui a mis le feu aux poudres. Mais il faut craindre le pire puisque cette liste pourrait être élargie à l’avenir sur proposition – au président – du département de la sécurité intérieure, en accord avec le secrétaire d’Etat.
Ledit décret bloque également pendant quatre-vingt-dix jours les entrées de réfugiés venant de ces pays, et les demandes des réfugiés syriens sont bloquées jusqu’à nouvel ordre. De façon plus générale, le texte bloque le processus d’admission des réfugiés du monde entier pendant 120 jours. Samedi matin, il avait été annoncé que le décret concernait les détenteurs de Green Card (visa de résident permanent aux Etats-Unis), avant que l’ordre inverse ne soit donné dimanche après-midi.
Face à autant de confusion et de controverses, D. Trump s’est défendu de toute discrimination anti-musulmans, alors que dans le pays des milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche à Washington, New York, Boston et dans d’autres villes et aéroports du pays pour dénoncer une mesure jugée arbitraire et contraire aux principes desquels se réclame l’Amérique. Le Président républicain s’est empressé d’annoncer dimanche soir que les Etats-Unis émettraient à nouveau des visas pour tous les pays concernés une fois mises en place des politiques de sécurité.
A New York et en Virginie, des juges fédéraux ont imposé, samedi 28 janvier, un sursis d’urgence au décret de D. Trump, après de nombreux recours déposés par des associations. Cette décision a pour conséquence d’interdire aux autorités américaines de refuser l’entrée ou d’expulser des personnes originaires des pays concernés par le décret, mais seulement si ses personnes disposent d’un visa valide.
« Les réfugiés sont les bienvenus ! », criaient quelque 10 000 personnes dans un parc à la pointe de Manhattan. Des milliers d’autres se sont aussi fait entendre sous les fenêtres du président Trump dans le parc de la Maison Blanche à Washington. Des manifestations ont également eu lieu dans plusieurs villes ou leurs aéroports (Seattle, Los Angeles, San Francisco…).
L’indignation est aussi internationale. Ainsi, la Ligue arabe a dénonçé dimanche des «restrictions injustifiées». Téhéran a immédiatement instauré la réciprocité contre les citoyens américains, et dimanche, des voix s’élevaient en Irak pour suivre la démarche iranienne. En Europe, des responsables ont aussi rappelé Washington à ses devoirs d’accueil de réfugiés, et s’inquiétaient du sort de leurs ressortissants ayant une double nationalité, en théorie également concernés.

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