Violence contre les femmes : la honte !

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Une première pour le département de Bassima Hakkaoui. Mais avec ce goût de l’inachevé ! Les statistiques du 1er rapport annuel de l’Observatoire national de la violence à l’égard des femmes sont loin d’épancher la soif. L’Observatoire s’est contenté des données collectées auprès des différents intervenants, comme le ministère de la Justice, les services de police et de gendarmerie, les hôpitaux… Bref, il se base sur des faits officiellement répertoriés alors que le mal, souvent assimilé à un tabou, est beaucoup plus profond. Toujours est-il utile de relever que les données ainsi recueillies permettent de dresser un portrait-robot des victimes attitrées : âgées de 18 et 45 ans, majoritairement citadines et souvent sans emploi. Le profil des femmes victimes de violence au Maroc colle-t-il réellement à la réalité ? Assurément non. Car la cartographie de la violence à l’égard des femmes susceptible de donner une idée plus claire sur les zones où se concentre le plus grand nombre de victimes ne sera disponible que l’année prochaine. C’est la ministre de tutelle qui l’avoue. Dès lors, l’évolution de la violence à l’égard des femmes ne saurait être que partielle, les cas déclarés, notamment auprès des services de police ou de gendarmerie, sont loin de résumer la situation, le nombre de femmes violentées qui ne s’adressent pas aux autorités étant plus important.
N’empêche, B. Hakkaoui n’hésite pas à parler d’une baisse de 6,17% du taux global de la violence à l’égard des femmes entre 2013 et 2014. Mais la tendance reste haussière lorsqu’il s’agit des violences physiques, les femmes sont de plus en plus battues, essentiellement par des hommes (88%). Si recul il y a, c’est au niveau des autres types de violence, notamment psychique et économique. Sur les deux années, le nombre d’homicides volontaires dont les victimes sont des femmes a connu une hausse de 10%, soit 55 cas. C’est ce qui ressort des affaires traitées par les tribunaux durant la période ciblée par ce rapport. Ce dernier a néanmoins permis de mettre en relief certaines caractéristiques de ce phénomène. Les agressions subies par les femmes sont concentrées dans les villes. Les trois quarts des femmes violentées sont des citadines, selon les statistiques livrées par le ministère de la Santé. Ces agressions sont beaucoup plus fréquentes dans les petites villes. Les hôpitaux ont pris en charge 8.675 cas en 2013 et 12.218 cas l’année suivante. Cela ne signifie pas que les femmes sont moins violentées dans les campagnes, mais pousse à s’interroger sur l’accessibilité des femmes rurales aux établissements de santé.
Les données des services de police montrent que les cas de violence sont beaucoup plus importants, avec une progression constante chaque année. En 2014, les services de police ont reçu 15.865 plaintes concernant cas de violence, contre 15.640 l’année précédente. Plus de 90% de ces affaires sont liées à des agressions physiques (90%). Les femmes mariées figurent en tête des victimes de ces attaques. Leur nombre a atteint 7.962 cas en 2014 contre 3.444 pour les célibataires, soit plus du double. En termes de statut socioprofessionnel, le gros des femmes violentées sont sans emploi. Elles constituent 53,8% contre 16,7% pour les employées domestiques et 12,4% pour les femmes actives. Ces agressions sont perpétrées en grande partie dans des espaces publics ou dans les foyers. En 2014, plus de 54% des cas ont été enregistrés dans des espaces publics contre 39% dans les maisons. Seul 5% des violences ont eu lieu sur les lieux du travail.

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