Violences en Ethiopie : Addis-Abeba y voit la main du Caire

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L’Ethiopie a accusé lundi des « ennemis extérieurs », tels que l’Egypte d’être à l’origine des violences sans précédent depuis un quart de siècle qui agitent le pays et ont conduit le gouvernement à déclarer l’état d’urgence pour six mois. Les troubles, qui se sont intensifiés la semaine dernière en région oromo (centre et ouest), sont fomentés par des « ennemis extérieurs » pour « déstabiliser » l’Éthiopie, rapporte le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement éthiopien, Getachew Reda. Il a accusé l’Égypte de financer et d’entraîner militairement le Front de libération Oromo (OLF), un mouvement rebelle indépendantiste, qualifié par le gouvernement de groupe terroriste. « Nous savons pour sûr que le groupe terroriste OLF a reçu toutes sortes de soutiens de la part de l’Égypte », a-t-il affirmé. « Ses dirigeants étaient par le passé à Asmara, maintenant ils sont au Caire. » Il a estimé que « certains éléments au sein de la classe politique égyptienne » avaient intérêt à alimenter les troubles, cherchant à promouvoir les « droits historiques » de l’Égypte sur l’accès à l’eau du Nil.
L’Éthiopie construit depuis 2012 un immense barrage hydro-électrique sur le Nil, dont l’Égypte, qui tire du fleuve environ 90 % de son eau, craint qu’il en affecte le débit. La semaine passée, l’ambassadeur égyptien avait été convoqué par le ministère éthiopien des Affaires étrangères pour discuter de « la situation actuelle », selon les médias d’État éthiopiens.
Des violences d’une rare intensité ont eu lieu la semaine passée en région oromo, où les manifestations visant des intérêts étrangers en plus des bâtiments publics se sont multipliées jusque dans la périphérie d’Addis-Abeba. Elles ont poussé le gouvernement éthiopien à décréter l’état d’urgence pour une durée de six mois.
L’Éthiopie est actuellement en proie à un mouvement de contestation antigouvernementale sans précédent depuis 25 ans, qui a commencé en région oromo en novembre 2015, s’est étendu depuis l’été à la région amhara (nord) et dont la répression a déjà fait plusieurs centaines de victimes.

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