Vive tension en Guinée Conakry: L’opposition en action…

0

La « journée ville morte », lancée à l’appel de l’opposition, couplée à une grève du syndicat des enseignants a paralysé Conakry, ce lundi. Le centre-ville de Kaloum, habituellement calme, n’a pas été épargné par les manifestations de jeunes, excédés par la fermeture des classes depuis un mois.

Conakry est dans un climat social et politique très tendu. À la « journée ville morte » lancée par l’opposition – qui conteste les résultats des élections communales du 4 février – s’est ajoutée une grève du syndicat des enseignants – qui réclament une augmentation de 40 % des salaires.

En plus des jeunes qui ont répondu à l’appel de l’opposition, d’autres se sont précipités dans les rues excédés par la suspension des cours dans les écoles depuis un mois. Le centre administratif et des affaires de la capitale guinéenne, habituellement calme, est le théâtre de violents affrontements.

A Kaloum, notamment, manifestants et forces de l’ordre se sont affrontés. Jets de pierres d’un côté, gaz lacrymogènes. « Alpha zéro ! » ; « Nous voulons aller à l’école », scandaient les jeunes manifestants. Mêmes scènes dans la proche banlieue de Dixinn, où des manifestants, dont des femmes, érigeaient des barricades sur la corniche nord, obligeant les usagers de la route à faire demi-tour.

Faute de cours dans les écoles, le collectif Mobilisation citoyenne pour sauver l’école guinéenne avait appelé à des « simulations », consistant à transformer certains endroits de la ville en salles de classe. Avec des slogans comme « Ouvrez les classes ! » ; « Les enfants en classe ! » ou encore « Tant vaut l’école, tant vaut la Nation ! »

« Nous avons décidé ce lundi d’investir les rues, carrefours et ronds-points pour les transformer en salles de classe, jusqu’à ce que les enfants retournent à l’école. Nous demandons au chef de l’État de prendre ses responsabilités pour accéder à la demande sociale légitime des enseignants pour permettre la reprise normale des cours », explique Ibrahima Diallo, porte-parole du collectif.

Certains de ces regroupements ont été dispersés par les forces de l’ordre. Le collectif ne désarme pas pour autant. Ibrahima Diallo appelle même « les citoyens à continuer d’investir les rues demain [mardi 13 mars, NDLR] pour les transformer en salles de classes, jusqu’au retour des enfants à l’école ».

Le dialogue ouvert le 28 février dernier entre les syndicalistes et le gouvernement dirigé par Mohamed Saïd Fofana, ancien Premier ministre nommé dernièrement médiateur de la République, Tibou Kamara, ministre conseiller spécial d’Alpha Condé et le ministre de l’Unité nationale et de la citoyenneté, Khalifa Gassama Diaby, s’enlise.

 

Au terme de leur réunion avec la base, samedi 10 mars, les syndicalistes ont rejeté la proposition du gouvernement de payer de manière échelonnée les 40 % d’augmentation salariale.

Certains acteurs de la société civile – dont la Plateforme des citoyens unis pour le développement (PCUD) – ont signé une déclaration suggérant que le départ du gouvernement puisse être une solution pour sortir de la crise. Une position qui a immédiatement fait réagir le RPG Arc-en-ciel, parti au pouvoir, qui dénonce de son côté une « grève politique », et accuse les syndicalistes d’être de mèche avec l’opposition.

Comme ce n’est plus une revendication de salaire, mais politique. Nous mettons en garde les fauteurs de troubles. Des appels à des contre-manifestations, opposant aux appels à des « journées mortes » des appels à des journées « ville vivante », se font entendre.

Le Conseil national des organisations de la société civile (CNOSCG) a initié une médiation, dimanche 11 mars, entre le RPG Arc-en-ciel et l’UFDG. Le président du CNOSCG, Dansa Kourouma, avait été reçu la veille, samedi 10 mars, par le président Alpha Condé, et le dimanche par le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo. Dansa Kourouma a appelé les différentes parties à faire prévaloir le respect de la loi sur l’affrontement et les violences verbales. Des appels qui, pour l’instant, n’ont pas permis de ramener le calme dans les rues de Conakry.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus