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Vive tension entre Ankara et Washington : Le charme est-il rompu ?

Entre Ankara et Washington, le temps se gâte. Après les menaces de rétorsion contre l’acquisition par Ankara de missiles russes S-400 et la menace US d’annuler la livraison à l’armée turque d’avions de dernière génération F-35, une autre affaire empoisonne l’atmosphère entre les deux pays alliés au sein de l’OTAN. En effet, la Turquie a menacé mercredi 1er août les Etats-Unis de mesures de rétorsion suite aux sanctions imposées par Washington à ses ministres de l’intérieur et de la justice, en réponse à l’arrestation et la détention du pasteur américain Andrew Brunson.

Ces sanctions consistent en la saisie des biens et avoirs dès lors qu’ils sont sous juridiction américaine de Suleyman Soylu et Abdulhamit Gül, a détaillé le département du Trésor. L’administration Trump a également interdit à tout ressortissant des Etats-Unis de faire affaire avec ces responsables turcs.

« Il ne fait aucun doute que cela va grandement endommager les efforts constructifs déployés en vue de régler les problèmes entre les deux pays », a réagi le ministère des affaires étrangères turc dans un communiqué. « Il y aura sans délai une réponse à cette attitude agressive qui ne mènera à rien. » La livre turque avait atteint mercredi son plus bas niveau historique face au billet vert : 5 livres turques pour 1 dollar.

Accusé par Ankara d’activités « terroristes » et d’espionnage, le pasteur A. Brunson a été placé il y a tout juste une semaine en résidence surveillée après un an et demi de détention. « Nous croyons qu’il a été victime d’un traitement injuste et injustifié de la part du gouvernement turc », a commenté Sarah Huckabee Sanders, la porte-parole de la Maison Blanche.

« La détention injuste du pasteur Brunson et sa poursuite par les autorités turques sont tout simplement inacceptables », a réagi le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin. Suleyman Soylu et Abdulhamit Gül ont dirigé des organisations gouvernementales responsables de violation des droits de l’homme, estime le Trésor pour justifier les sanctions.

Parallèlement à l’annonce de ces mesures, le département d’Etat américain a fait savoir que le chef de la diplomatie, Mike Pompeo, avait parlé au téléphone avec son homologue turc, Mevlüt Cavusoglu, et allait le rencontrer cette semaine à Singapour pour demander la libération du pasteur américain. M. Pompeo, en route pour la cité-Etat où il participera vendredi et samedi à des réunions régionales, a de son côté rapporté que le président Donald Trump avait estimé que les sanctions annoncées étaient « la mesure appropriée » face au « refus » de libérer le pasteur.

Les relations entre la Turquie et les Etats-Unis, qui ont les deux plus grandes armées de l’OTAN, sont compliquées par des désaccords sur le dossier syrien et le sort du prédicateur et opposant turc Fethullah Gülen, exilé en Amérique, dont Ankara réclame avec insistance l’extradition pour son implication présumée dans le putsch avorté de juillet 2016. Cette demande est restée pour l’heure lettre morte. Le soutien apporté par Washington à la milice syrienne kurde des YPG a, en outre, fortement tendu les rapports, Ankara voyant dans ce groupe armé une organisation « terroriste » qui menace ses frontières.

Par ailleurs, deux employés locaux des missions américaines en Turquie sont actuellement en détention, et un autre est assigné à résidence.

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