Washington encourage Israël à l’annexion « à petits pas »

Alors que Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité palestinienne en sursis à Ramallah a refusé de prendre le chef de la diplomatie US au téléphone, Kellyanne Conway, conseillère présidentielle principale à la Maison Blanche, a assuré qu’une «grande annonce» allait être faite par Donald Trump sur le processus d’annexion prévu par Israël sur au moins 30 % de la Cisjordanie. Il serait illusoire d’envisager un quelconque repli de la part du Président US qui a le plus donné à Israël : Al-Qods, le Golan, des pans de la Cisjordanie, la vallée du Jourdain… Telle est la quintessence du «Deal du siècle» rejetée par les Palestiniens, principaux concernés, et par la communauté internationale. 

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Washington encourage Israël à l’annexion « à petits pas »

Voilà comment les Américains évaluent la couardise arabe. K. Conway a rappelé mercredi derniers qu’il faut minimiser les oppositions face aux prescriptions du «Deal du siècle». Elle a fait remarquer que lorsque D. trump « déplace l’ambassade à Jérusalem, le monde arabe «va s’écrouler, chaos total annoncé»… Et d’ajouter pour étayer sa thèse ; «Dieu merci, ce n’était pas vrai. Il y a toujours cette tactique qui vise à effrayer… (à cause) de toutes les mauvaises choses qui vont arriver et ensuite ça n’arrive pas ».

A ses yeux, «tous les scénarios de promesses des pires calamités du passé ont disparu. Attendons voir, parce qu’il

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veut être un agent de la paix au Moyen-Orient et il essaie de le faire. » Mais un agent de paix avec qui et en proposant quoi d’autre susceptible de faire adhérer le monde arabe ? Pour l’Autorité palestinienne, la messe est dite avec ce qu’elle a considéré en son temps «La Gifle du siècle» qui donne tout à Israël et un territoire qui ressemble au gruyère au peuple palestinien. Pourtant, à Washington, on ne se fait pas d’illusion sur le successeur de Yasser Arafat qui a repris le flambeau des négociations d’Oslo.

Aigri, ce dernier qui ne croit plus en la résistance armée rejette le parrainage US de toute négociation future. Et il en va de même pour le Roi de Jordanie qui a fait valoir que son pays allait se désengager de tous les accords avec l’entité sioniste si jamais le processus annexionniste est enclenché le 1er juillet, comme cherche à l’appliquer Benyamin Netanyahu. Quitte à tourner le dos aux recommandations «sceptiques» exprimées par au moins trois cents officiers supérieurs de l’armée et autres hauts cadres sécuritaires. 

Les responsables de l’administration Trump devraient décider cette semaine d’approuver ou non le plan Netanyahu. Des discussions auraient lieu entre le conseiller principal Jared Kushner, le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien, l’envoyé au Moyen-Orient Avi Berkowitz et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman. Trump devrait intervenir pour avoir (apporter) le dernier mot. 

La Maison Blanche aurait envisagé différentes options, y compris un processus par étapes dans lequel Israël commencerait par déclarer la souveraineté uniquement sur plusieurs implantations dans la région de Jérusalem ( sans doute : Maale Adumim, Gush Etzion) – pas encore les 135 communautés situées dans les 30% de la Cisjordanie attribuées par le plan Trump .

En d’autres termes, si la diplomatie des petits pas a fait son temps, l’administration US semble plus encline à parrainer l’annexion à «petits pas». Une autre ruse que Palestiniens et Arabes rejettent quand bien même des capitales dites modérées seraient encouragées par le locataire de la Maison Blanche actuel à pactiser ouvertement avec Israël, ennemi juré encore hier. 

Mike Pompeo, secrétaire d’État US qui a été évité par M. Abbas, a réaffirmé mercredi que la décision d’annexer ou non des terres de Cisjordanie était du ressort d’Israël uniquement. «Nous discutons avec tous les pays de la région de la manière dont nous pouvons gérer ce processus pour atteindre notre objectif final» a souligné M. Pompeo après une session du Conseil de sécurité de l’ONU au cours de laquelle l’ONU et la Ligue arabe ont appelé conjointement Israël à abandonner les plans d’annexion et ont menacé de conséquences dangereuses, s’il allait de l’avant. Appel qui a trouvé écho parmi les nouveaux membres de l’Union européenne du Conseil de Sécurité (Allemagne, Belgique, France, Estonie, Irlande) ainsi que par le Royaume-Uni et la Norvège.

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