Alors que les yeux restent braqués sur Alep : L’armée syrienne sur tous les fronts…

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« Le temps est compté et nous menons une course contre la montre » pour éviter une catastrophe humanitaire, a affirmé de Mistura aux journalistes, après avoir rencontré le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem. Mais, le vieux routier du régime syrien n’a pas manqué de réagir à la proposition faite par l’émissaire onusien de permettre l’établissement d’une structure de gestion autonome dans la région Est d’Alep. Car ce serait accorder « une prime accordée aux terroristes qui n’hésitent pas à bombarder les quartiers civils de la ville » a souligné le chef de la diplomatie syrienne lors d’une conférence de presse tenue à Damas. Autant dire qu’il n’y aura pas de trêve négociée dans les prochains jours à l’heure où l’envoyé onusien n’a pas réussi à avoir de garanties auprès des soutiens régionaux aux divers groupes armés qui continuent à tenir tête à l’armée syrienne. Le blocage est d’autant plus flagrant que les djihadistes n’ont pas hésité à saluer l’arrivée de l’émissaire de Mistura par le tir d’obus sur une école primaire (qui a fait huit morts) ainsi que sur l’université et d’autres quartiers d’Alep. Bien entendu, le chef de la diplomatie syrienne a confirmé à cette occasion que la solution au chaos syrien ne saurait être que politique. Tout en soulignant que les ordres adressés à l’armée syrienne pour pacifier Alep n’obéiront à aucune concession.
La tension reste donc à son summum en Syrie où seul le front d’Alep bénéficie d’une large médiatisation. Mais il faut croire que l’armée syrienne, appuyée par l’aviation russe, avance sur plusieurs autres fronts, histoire de déstabiliser les bases de repli et de logistique des divers groupes djihadistes. Deraa, Homs, Hama, Idleb constituent autant de fronts ouverts qui permettent l’avancée de l’armée syrienne. Et ce qui vaut pour ces régions vaut aussi pour la Ghouta, près de Damas, ou encore les localités proches du Golan.
Cette réalité a sorti le chef de la diplomatie française de ses gonds en parlant de « stratégie de guerre totale » de la Russie et du régime syrien. Jean-Marc Ayrault qui dénonce une telle dérive pronostique l’échec d’une telle démarche qui « ne peut aboutir qu’à la partition de la Syrie et à renforcer encore plus Daech. » Dès lors, aux yeux de JM Ayrault, « il y a une urgence absolue » qui doit inciter la France à prendre « tous les contacts nécessaires pour qu’on puisse contribuer à une initiative qui permette de stopper » la guerre et de relancer les négociations de paix, au point mort depuis juillet, sans date annoncée de reprise.
Le président américain a également promis que son secrétaire d’Etat John Kerry continuerait à dialoguer avec son homologue russe Sergueï Lavrov « pour réduire la violence et soulager la souffrance du peuple syrien ». Lors d’une conférence de presse animée à Lima, à l’occasion du sommet de l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique, B. Obama s’est déclaré « peu optimiste sur l’avenir immédiat de la Syrie. »
Barack Obama a demandé dimanche à son homologue russe Vladimir Poutine lors d’un entretien de quatre minutes des efforts accrus pour limiter les violences et la souffrance des populations en Syrie.

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